Le feu vert de l'Autorité de la concurrence (lire l'article) fin 2010 rend désormais possible la fusion entre Transdev et Veolia transport. Un soulagement sans doute pour les salariés des deux groupes qui, depuis dix mois que durait cet examen des autorités de la concurrence européennes puis néerlandaise et française, n'avaient pas le droit de se parler, ni de travailler concrètement à la stratégie de développement du nouveau groupe de transport de voyageurs.

On connait depuis mai 2010 les instances dirigeantes : la présidence revient à Antoine Frérot, pdg de Veolia environnement, le poste de directeur général à Joël Lebreton, patron de Transdev, et celui de directeur général délégué en charge des opérations et de la préparation de l'introduction en bourse à Cyrille du Peloux, directeur général de Veolia Transport.
Une introduction en bourse qui devrait se faire dans les prochains mois, par augmentation de capital. De quoi muscler un peu plus le nouveau groupe dont l'ambition est, comme l'a déclaré Augustin de Romanet, dg de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), d'atteindre à l'horizon 2015 "un CA de 10,2 milliards d'euros".



Une ambition pas si démesurée au vu du potentiel du marché mondial du transport public urbain, interurbain ou régional. D'autant plus que les implantations géographiques hors France des deux groupes semblent plutôt complémentaires.


Veolia, pionnier à l'international

Veolia Transport, premier Français du secteur à se lancer à l'international au milieu des années 90, y réalise aujourd'hui 62% des 5,86 milliards de son CA annuel (chiffres 2009). La filiale transport de Veolia environnement est présente dans 27 pays et sur tous les continents.

En France, le groupe exploite 152 réseaux dont 57 urbains. Parmi ses réseaux phares Nancy, Nice et Saint-Etienne. Elle compte 30 000 salariés et 11408 vehicules.

 L'Europe où son implantation géographique est très forte (une vingtaine de pays dans le nord et l'Est de l'Europe) génère 37% de son CA.
En Allemagne notamment, où il détient 10% de part de marché, Veolia est devenu le deuxième opérateur ferroviaire régional après la DB, et le premier opérateur privé. 
Dernier fait d'arme, en décembre 2010, le gain du réseau ferroviaire bavarois, un contrat de 12 ans pour un chiffre d'affaires cumulé de plus d'un milliard d'euros (lire l'article).


Aux Pays-Bas où le groupe est implanté dans plusieurs régions, il exploite notamment la centrale de mobilité et l'ensemble des transports publics du Limbourg. En Espagne, Veolia fait rouler le tramway de Barcelone ainsi que les réseaux urbains de Bilbao et Pampelune. En Irlande, il gère le tramway de Dublin.


Une présence sur tous les continents  


En Amérique du nord, où Veolia réalise 13% de son CA, le groupe est l'un des principaux exploitants de réseaux ferroviaires de banlieue : à Boston, Miami, Los Angeles et Austin. Dernier gros contrat ferroviaire en date, celui de Denver gagné au début de l'été. Veolia exploite le réseau urbain de la Nouvelle Orléans (l'une des premières DSP à la francaise). 

Le groupe est également implanté au Canada, où il exploite une partie du réseau d'autobus de Montréal et le BRT de York dans la banlieue de Toronto, et en Amérique du sud où il est un des exploitants des énormes BRT de Bogota et de Santiago du Chili.



Cap sur l'Asie

La dernière grande terre de conquête de Veolia transport est l'Asie Pacifique. Malgré la perte du réseau ferroviaire de Melbourne en 2009, le groupe reste présent en Australie où il exploite des lignes de bus à Perth Brisbane et Sydney, et en Nouvelle-Zélande où il exploite les trains régionaux d'Auckland.
Pour l'Asie, Veolia transport a créé en 2009 avec RATP Dev un joint venture à 50/50. Veolia y a apporté ses implantations sur ce continent, notamment la première ligne du métro de Bombay, la toute nouvelle ligne 9 du métro de Séoul ou bien encore, le réseau de tramway de Hong Kong.
Enfin, Veolia transport est depuis peu présent en Afrique du nord où il exploite le réseau d'autobus du Grand Rabat.


Transdev, le petit devenu grand

Tout comme Veolia transport, Transdev réalise 60 % de son chiffre d'affaires à l'international (2,5 milliards d'euros, pour un CA géré de 3,57 milliards d'euros en 2009). La filiale de la CDC a surtout développé son activité en Europe, mais elle est également présent en Australie et au Canada.

En France, Transdev a longtemps évolué dans l'ombre de ses deux grands concurrents, Veolia et Keolis. Le groupe s'est d'abord imposé comme un pionnier dans l'exploitation des tramways (de Nantes à Strasbourg en passant par Grenoble et Montpellier). 
Autre spécialité, l'économie mixte dont le groupe a longtemps été un porte-drapeau.
En France, il emploie 11 000 salariés et exploite une quarantaine de réseaux urbains. Derniers gains, le réseau de Reims et celui de Besançon (lire l'article). A l'interurbain, il est surtout présent dans la partie nord est et sud est de la France.



C'est en Angleterre que le groupe a fait ses premiers pas hors de France, en 1997. Il y exploite aujourd'hui plus d'une dizaine de réseaux de bus dont 73 lignes de bus londoniens. Il exploite également les lignes de tramways de Nothingham. 
La même année Transdev s'implantait en Espagne et au Portugal. A Madrid, le groupe exploite notamment les lignes 2 et 3 du réseau de tramway et les deux lignes de tramway de Ténérife. Au Portugal, où il détient 14% de part de marché, il est le deuxième opérateur privé de transport public du pays. Il y exploite le métro de Porto.



Un grand pied dans le plat pays


Mais c'est aux Pays-Bas que Transdev a réussi son plus beau coup en 2007 en rachetant Connexxion, l'entreprise publique mise en vente par l'Etat néerlandais. C'est le premier opérateur de transport de voyageurs du plat pays avec 53% de part de marché du transport public et 30% du marché du transport à la demande (TAD). 
Connexxion gère 32 concessions de transport public, plus de 7 000 véhicules (dont 3 600 dédiés au TAD) et emploie 14 700 voyageurs. Son chiffre d'affaires dépasse le milliard d'euros.



Transdev est également présent en Italie où le groupe gère notamment le réseau urbain de Gènes et en Allemagne où il exploite des lignes ferroviaires au travers de sa filiale commune avec la RATP Eurailco, mais aussi des réseaux de bus urbains et interurbains.



De l'Australie au Maghreb


La première incursion hors de l'Europe en 1999 sera un coup de maître avec le gain du réseau de tramway de Melbourne, l'un des plus importants au monde. Malgré la perte de ce réseau en 2009, le groupe Transdev est encore présent en Australie où il gère le réseau urbain de Sydney et les ferries de Brisbane.



Autre continent sur lequel Transdev a fait une première incursion en 2007, l'Amérique du nord avec une percée au Canada. Le groupe y a racheté la société Limocars qui exploite trois réseaux urbains et un réseau interurbain dans la région du grand Montréal et du Québec.


Enfin, Transdev a mis un pied au Maghreb en remportant au printemps 2010 l'exploitation et la maintenance du tramway Rabat-Salé qui devrait entrer progressivement en exploitation à partir de mars 2011.