La gare de Nantes fera peau neuve fin 2019, un peu plus de deux ans après l'ouverture de la LGV Bretagne Pays de Loire (BPL). Et pour cette opération, c'est l'architecte en vue, Rudy Ricciotti qui a été choisi par Gares & Connexions début octobre 2015. L'auteur du MuCEM de Marseille, du nouveau Stade Jean Bouin à Paris ou encore du centre de danse d'Aix-en-Provence est allié à l'entreprise Demathieu et Bard. Quatre autres groupements d'entreprises et d'architectes étaient en lice : Quille/ Barani ; Besix/Feichtinger ; GTM/ENIA Architecte; Razel Bec/Lavigne. L'Arep, filiale de la SNCF, n'était pas dans la course.

Le réaménagement de la sixième gare de France – hors gares parisiennes – est dicté par l'effet attendu de la mise en service de la LGV Le Mans-Rennes et du développement de la place comme pôle d'échanges multimodal.  Même si le gain de temps entre Paris et Nantes ne sera que d'une poignée de minutes (1H55 contre 2h02 aujourd'hui), le trafic de la gare de Nantes devrait doubler d'ici 2030, passant de 11,6 à 25 millions par an. Des prévisions spectaculaires mais qui n'ont peut-être pas pris en compte l'effet de l'explosion du covoiturage et du voyage en autocar. 
 
Ce projet  revient en fait à  construire une mezzanine, bâtiment de 160 mètres de long par 25 au-dessus des voies. Il permettra de relier les actuelles gare nord et gare sud, et de desservir les quais en plus des deux souterrains existants. Conformément au nouveau modèle économique des gares où les recettes commerciales financent une partie de l'équipement, la gare Ricciotti comportera 4000 m2 de boutiques et services.

Alliant verre et béton, la mezzanine est conçue comme "une rue, une grande fenêtre sur la ville". La structure reposera sur 18 poteaux en forme d'arbres supportant une toiture ajourée, "une sorte d'ombrière au plafond" qui laissera filtrer la lumière, a détaillé à l'AFP Catherine Malleret, de l'agence nantaise Forma  6, membre  du groupement vainqueur.

Le coût des seuls travaux de rénovation de la gare, qui doivent débuter en janvier 2017 pour une livraison fin 2019, est de 59 millions d'euros. L'ensemble de l'opération urbanistique s'élève à 123 millions d'euros. Elle comprend également la requalification des espaces publics au nord et au sud de la gare dont Nantes Métropole est maître d'oeuvre.

La partie cœur de la gare qui s'élève donc à 59 millions d'euros sera financée à plus de 50% par la région Pays de la Loire qui apportera 32,7 millions. Avec 18,2 millions, la SNCF contribuera à un peu plus d'un quart de l'opération (16 millions d'euros pour Gare & Connexions ; 2,1 millions pour SNCF Réseau). Suivent l'État (3M€), le département de la Loire-Atlantique et Nantes Métropole (2,14 M€ chacun), ainsi que l'Europe, qui via le Feder, finance à hauteur de 1,3 M€.

Marc Fressoz