Ludovic Moulonguet, qui a créé il y a un peu plus d'un an sa société de VTC, a assigné Heetch en référé en septembre, jugeant que la start-up organisait "un réseau de transport illicite" et qu'elle constituait une "concurrence déloyale" pour les conducteurs professionnels, qui paient impôts et charges sociales liées à leur activité et doivent s'inscrire sur un registre spécifique, souscrire une assurance professionnelle ou encore suivre une formation tous les cinq ans.
Il réclame la cessation immédiate de l'activité de Heetch et une astreinte de 50 000 euros par jour de retard.
 
 Au cours de l'audience, l'avocate du plaignant a insisté sur le caractère "onéreux" des prestations réalisées par les chauffeurs de Heetch, ce que les représentants de la start-up ont nié, affirmant que son activité relevait davantage du covoiturage et de l'"économie collaborative". "Nous sommes une application qui n'a rien à voir avec UberPop", a martelé l'un des deux avocats de Heetch, évoquant l'application controversée du géant américain du véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC) Uber, fermée en France depuis juillet.
 
Une participation aux frais

Comme UberPop, Heetch met en relation des particuliers voulant se déplacer avec des chauffeurs qui ne sont pas des professionnels mais de simples particuliers, à des prix inférieurs à ceux des taxis. Mais Heetch, qui ne fonctionne qu'entre 20H00 et 06H00, fait seulement payer une "participation aux frais" et limite les revenus de ses chauffeurs à 6 000 euros par an, a plaidé l'avocat de la société, qui a lancé son application en septembre 2013 en Ile-de-France et à Lyon.
 
Le 25 juin, la préfecture de police de Paris a pris un arrêté d'interdiction visant "les applications de type UberPop". Dans un communiqué accompagnant l'arrêté, elle visait nommément trois applications : UberPop, Djump, Heetch. Si les deux premières ont fermé, Heetch poursuit ses activités et a déposé un recours contre l'arrêté en juillet, pour ne plus être assimilé au service interdit.
 
Heetch compte 20 employés, 3 000 chauffeurs occasionnels et 250 000 inscrits. Il revendique 39 000 trajets hebdomadaires en région parisienne, et un millier à Lyon.

(AFP)