Ce n'est pas vraiment une surprise. En mai 2015, Anne Hidalgo, confirmant une de ses promesses de campagne, avait lancé une consultation publique sur la fermeture de la partie centrale de la voie Georges Pompidou qui traverse Paris d'ouest en est. Six mois plus tard, la maire de Paris a tranché. A l'été 2016, plus aucune voiture ne pourra emprunter cet axe entre le souterrain des Tuileries au bassin de l'Arsenal, soit "le scénario le plus ambitieux sur 3,3 kilomètres", a annoncé l'élue en précisant qu'elle allait le présenter au prochain conseil de Paris.

"Les voitures céderont la place à une aire piétonne végétalisée de 4,5 hectares, au bord de l’eau. Un nouvel espace de respiration, de promenade et de détente. Le long des quais, des bateaux seront amarrés, proposant un marché flottant de produits bio régionaux, une guinguette, un espace de co-working…", a expliqué Anne Hidalgo au quotidien dominical.

Le coût de cette opération que "les parisiens attendent", selon l'élue, est évalué à 8 millions d'euros. Une somme relativement modeste due notamment au fait que certains travaux comme l'alimentation électrique et en eau été réalisée lors des aménagements de 2012 de même que la mise aux normes du tunnel des Tuileries.

Un tramway nouvelle génération

Par ailleurs, Anne Hidalgo reprend le projet de ligne de tramway sur les quais hauts ou rue de Rivoli qu'avaient imposé ses alliés écologistes lors des dernières municipales. "Ce transport propre permettra une traversée de Paris d’ouest en est, soit par les quais hauts, soit par la rue de Rivoli. Le projet est à l’étude avec les services de la Ville, et nous en discuterons avec le Stif, la RATP, la préfecture de police", a indiqué l'élu qui souhaite "un tramway nouvelle génération, sans rails ni caténaires, en site protégé. Ce qui ne nécessitera pas de gros travaux d’infrastructures, limitera les coûts et permettra d’aller très vite : il sera en service avant 2020", affirme l'élue.

La réaction des Républicains ne s'est pas faites attendre. Dans un communiqué, la fédération parisienne dénonce "la démarche autoritaire" dans laquelle "s'enferme" Anne Hidalgo : "En choisissant la précipitation, elle organise le report intégral de la circulation sur les quais hauts et leur asphyxie. En décidant unilatéralement, elle donne une nouvelle démonstration de son mépris pour les habitants et les élus de la petite couronne. Ce n'est pas sur cette base que la Métropole du Grand Paris qui naîtra dans quelques semaines pourra fonctionner sereinement."

Pour l'opposition, "les études de report - révélées une fois la concertation terminée - montrent au contraire que les temps de trajet seront fortement allongés et que la pollution ne sera donc que déplacée et même aggravée sur les quais hauts."

Robert Viennet