Près de 15 mois après la signature de l'accord entre Alstom et l'américain General Electric (GE), le groupe français cède sa branche énergie pour 12,4 milliards d'euros et récupère les activités de signalisation de GE  pour une somme de 700 millions.  Cette activité, qui emploie 1200 salariés, "ouvre à Alstom les portes du marché de la signalisation pour le fret tout en renforçant sa présence en Amérique du Nord", se réjouit le groupe dans un communiqué.

Pour le PDG d'Alstom, Patrick Kron, qui cédera sa place début 2016 à Henri Poupart-Lafarge actuel président d'Alstom transport, "Nous avons, avec General Electric, conclu un accord "gagnant-gagnant", qui protège les intérêts des salariés et des clients des activités énergie, tout en renforçant la position d'Alstom dans le secteur ferroviaire. Alstom occupe actuellement une position de premier plan sur un marché mondial du transport en pleine expansion".

Un marché porteur à l'international

Désendetté, le groupe va donc pouvoir se concentrer sur son développement dans ce marché porteur : "Alstom affiche un carnet de commandes record qui lui donne une bonne visibilité. Ce carnet contient des contrats importants obtenus récemment tels que les métros destinés à
Sydney, Cochin, Riyad, Paris ; des solutions de signalisation destinées au Grand Toronto et au Danemark ; des systèmes de tramway pour Rio de Janeiro, Lusail et Sydney ainsi que des trains de banlieue pour l'Afrique du Sud, avec des contrats de maintenance à long terme associés à la plupart de ces projets." précise le communiqué.

Si le marché mondial est porteur, celui de l'hexagone est plus contrasté. "Le transport urbain en IIe-de-France est très dynamique avec les perspectives liés au Grand Paris Express et aux projets de modernisation des RER. Le marché du fret est plus atone même si l'ouverture du capital d'Akiem et les perspectives de commandes de locomotives nous donne quelques espoirs", nous confiait Jacques Beltran, directeur commercial France d'Alstom Transport, lors des récentes Rencontres nationales du transport public.

Des débouchés sur la maintenance

Concernant le tramway, s'il reste encore "quelques belles opportunités" comme le marché de la deuxième ligne de Nice qu'Alstom vient de remporter, les projets franciliens, celui de Caen ou encore celui d'Angers, le marché est devenu mature. "Nous allons entrer dans un mouvement de renouvellement des parcs actuels avec des commandes plus étalées dans le temps, mais aussi plus régulières", précise le directeur commercial.

Alstom veut aussi développer son activité de maintenance associée à la vente de matériel roulant, à l'image de ce qui a été réalisé en Angleterre pour la West Coast Main Line et sur plusieurs marchés mondiaux.

 Les TET en ligne de mire en 2018

Autre perspective de développement en France, le futur appel d'offres pour le renouvellement des trains d'équilibres du territoire (TET). Pour ce marché de 1,5 milliard d'euros, Alstom souhaite proposer son Coradia Liner issu de son train régional Régiolis qui a été vendu à 200 exemplaires aux régions françaises, loin de la commande record de 1000 exemplaires passée en 2009 par la SNCF. "Nous souhaitons utiliser toutes les briques technologiques déjà développées avec le Régiolis pour créer un nouveau train adapté à ces liaisons longue distance", explique Jacques Beltran.

Si les commandes de ces TET étaient passées dans le cadre du contrat cadre du Régiolis, "les livraisons de ces trains pourraient être effectuées dès 2018. Si l'on devait repasser par la case appel d'offres, rien ne pourrait se faire dans le meilleur des cas avant 2022", précise-t-il.

Une nouvelle ère s'ouvre donc pour Alstom. "La culture maison n'a pas changé, mais nous avons le sentiment d'avoir notre destin en main. Les fondamentaux du transport — croissance économique et démographique, sont là. Les gens ont besoin du transport public", conclut Jacques Beltran.

Robert Viennet