"Nous avons été les fers de lance du développement du transport en Ile-de-France et de son amélioration", a expliqué Emmanuelle Cosse lors de la présentation de . La tête de la liste EELV aux régionales a rappelé que les écologistes avaient obtenu la délégation transport en 2010 incarnée par Pierre Serne. Une position qui avait permis la mise en place du passe Navigo  à tarif unique sous leur impulsion, mais également la mise en oeuvre du programme de remplacement des bus diesel et la création de voies réservées sur autoroutes qui figuraient déjà dans leur programme de campagne 2010 ou encore le plan Bus en grand couronne impulsé en 2012. Enfin, comme ses concurrents, Emmanuelle Cosse propose la création d'une écotaxe poids lourds.

Une remise en cause des plans du GPE
 
Pour la campagne des régionales, les écologistes reprennent ces revendications et en ajoute de nouvelles qui se distinguent du
PS et du parti LR : ainsi, EELV prône l'abandon de la ligne 17 du Grand Paris Express (GPE) considérant que l'offre – RER B et futur CDG Express – vers l'aéroport de Roissy  est suffisante. Idem pour une majeure partie de la ligne 18 à partir de Saclay. Il s'agirait de la remplacer par un mode de transport léger, car les écologistes estiment le projet surdimensionné. EELV explique que les 6 milliards d'euros d'économies réalisées pourront notamment servir pour financer les transports du quotidien mais aussi le prolongement d'Eole (RER E), comme les connexions entre les gares du GPE et du RER, en particulier celles de Saint-Denis Pleyel,  Fort d'Issy Vanves Clarmart et Bry Villiers Champigny.

Réduire les temps de trajet
 
Première priorité d'EELV, réduire le temps de transport de Franciliens. Une condition indispensable, selon Emmanuelle Cosse, pour améliorer leur qualité de vie. Pour y parvenir, la candidate compte jouer sur plusieurs leviers : mettre en place une garantie ponctualité – un système de malus en cas de retard à raison d'un euro par minute et par personne concernée payé par l'opérateur et qui servira à financer les améliorations de la ligne.

Autre levier, réduire le temps d'attente entre les correspondances entre le train et le bus en grande couronne en mettant en place une plus grande fréquence des bus (15 minutes maximum), en particulier sur le réseau Optile. EELV propose également de développer les voies réservées sur autoroutes et sur le périphérique pour les bus, taxis, VTC, les véhicules propres, l'autopartage et le covoiturage. Enfin, la réduction du temps passé dans les transports, passe, selon EELV, par un aménagement des horaires de travail.

Accélérer le déploiement des véhicules propres
 
L'autre priorité de la candidate concerne l'amélioration de la qualité de l'air. EELV propose ainsi d'accélérer le développement des transports en commun propres – 9000 bus et cars – avec pour objectif zéro diesel d'ici 2021. "Jusqu'en 2014, personne n'était prêt, se souvient Emmanuelle Cosse. On nous disait qu'il n'existait pas de constructeurs français de bus électriques. Or, en Seine-et-Marne, il existe un fabricant de batteries qui fournit la Chine et un constructeur de véhicules électriques...". Avoir une commande potentielle aussi importante, "c'est un signe donné aux constructeurs de la filière d'arrêter le diesel Euro 6 pour investir dans l'électrique", a souligné Pierre Serne, vice-président de la région Ile-de-France en charge des transports.

Ce programme s'accompagne d'une aide pour les ménages les plus modestes à changer de véhicule (2500 euros par véhicule) et un an d'abonnement Navigo gratuit aux Franciliens qui abandonneront leurs véhicules polluants. EELV prévoit également une aide à l'acquisition de 500 000 vélos y compris à assistance électrique (VAE), plafonnée à 400 euros par vélo.

Faciliter l'intermodalité
 
D'autres mesures visent à simplifier les déplacements et l'intermodalité comme la mise en place d'un passe  Mobilités Île-de-France qui permettrait d'utiliser, avec son forfait, tous les modes de transport (vélos en libre-service, autopartage, transport à la demande...), y compris les parkings relais. Dans le même esprit, EELV propose de mette en place un seul ticket par trajet valable 1h30 quel que soit le mode de transport utilisé. Aujourd'hui, passer du tramway au bus par exemple, implique d'utiliser un nouveau ticket... L'information voyageur serait aussi facilitée avec la mise en place d'une seule appli mobile, site web et bornes en gares pour faciliter cette intermodalité.
 
La candidate ne fait pas de conjectures sur son score aux régionales. EELV se voit déjà comme le poil-à-gratter de son allié d'aujourd'hui, le PS.  "Si les écologistes ne sont pas là pour peser dans les rapports de force au quotidien au sein d'une majorité, cela retombe très vite", a souligné Pierre Serne. L'expérience lui ayant montré qu'il faut faire preuve d'"une volonté politique farouche", commande après commande, pour imposer son programme.
 
 Florence Guernalec