"Il s'agit d'une illustration des attentes du Stif, au nom des usagers", fait valoir Sophie Mougard, directrice générale du Syndicat des transports franciliens (Stif), l'autorité organisatrice (AO) des transports de la région capitale..
En vertu de ce système, inscrit dans les contrats qui lient les AO aux opérateurs de transport, la RATP a, selon le Stif, perçu 13,84 millions d'euros de bonus en 2009 (10,65 millions en 2008), dont 853 000 euros liés à la régularité (2,12 millions en 2008).


Désaccord sur les critères de régularité

 
La SNCF, elle, a touché 4,32 millions (4,63 millions en 2008) de bonus, mais devait 3,43 millions de malus au Stif pour ne pas avoir rempli les objectifs de régularité (1,42 million de malus en 2008).
Des sommes relativement faibles au regard des chiffres d'affaires des deux entreprises publiques (la SNCF affiche 30,5 milliards de CA en 2010).

Mais problème : "elles perçoivent des bonus alors qu'en réalité la régularité est catastrophique", dénonce Yves Boutry, vice-président de l'Association des usagers de transports (AUT).
L'indicateur de régularité (pas plus de trois minutes d'attente d'un métro dans un certain pourcentage de cas, et pas plus de cinq minutes de retard pour un RER au terminus) compte en fait pour un quart des objectifs.
Les trois quarts restants concernent la propreté des trains et des gares, la disponibilité des escaliers mécaniques ou encore l'information des usagers.
 
Sylvie Mougard concède que le Stif sera "sans doute amené" à étudier "une augmentation du poids des indicateurs de régularité". Parallèlement, il ne faut pas "entrer dans un effet pervers" où les malus, s'ils étaient trop élevés, seraient d'office "provisionnés" par l'entreprise dans ses comptes, relève-t-elle.


Objectifs "inatteignables" selon les syndicats

A la SNCF et dans les rangs des syndicats, on dénonce des objectifs "inatteignables" au vu de la saturation du réseau. A la RATP, on répond laconiquement qu'"on ne discute pas le contrat".
Certains syndicats dénoncent en outre une dérive du système, une "gestion financière" du service fourni en cas d'incident: davantage de trains circuleraient alors sur les branches où les bonus sont plus élevés, affirme
Laurent Gallois, conducteur sur la ligne B et délégué Unsa-RATP. Ce que démentent les entreprises.
Le Stif confirme seulement que sur la ligne B par exemple, le bonus-malus varie de 50 000 euros sur la branche de Robinson (sud) à 550 000 euros dans Paris.

Pour rappel, plus de 2,5 milliards de voyageurs par an utilsent les métros et trains d'Ile-de-France.

N.A (avec AFP)