De trois sites principaux à seulement deux. Siemens Mobility rationnalise ses deux métiers dans l'hexagone. Pour commencer, l'entreprise centralise à Toulouse ses activités de métros automatiques Val. Elles vont de la R&D à la maintenance en passant par l’ingénierie et la direction de projets de métros de la gamme Val, Cityval et Airval pour le monde entier, hormis l'assemblage des rames qui est réalisé à Vienne en Autriche.

Le site de Roubaix délaissé

Résultats de sédimentations historiques remontant à l'époque où Val appartenait à Matra, ces activités étaient jusqu'alors éclatées entre Châtillon (92), Roubaix (59) et Colomiers (31). Les salariés vont progressivement mettre le cap au sud, détaille le groupe dans un communiqué du 9 novembre 2015. Courant 2016, ce déménagement dans le quartier Basso Campo de Toulouse sur un site de 10 000 m2 devrait être terminé. Au passage, le effectifs vont diminuer avec des solutions de reclassement interne ou départs volontaires. Un peu plus d'une centaine de personnes y seront regroupées.

Par son attractivité, son dynamisme et son orientation vers les nouvelles technologies, la Métropole de Toulouse s’est imposée comme le meilleur choix pour le regroupement des activités de métros automatiques Val du Groupe Siemens“, souligne le groupe allemand.

Effectifs réduits

Avec cette simplification de son organisation qui va engendrer des économies de loyers, "il s'agit en fait de faire face à un creux dans l'activité Val en France", indique Hervé de Lacotte, le porte-parole de Siemens France. Seul débouché pour l'instant, la seconde ligne du métro de Rennes, le marché de Lille ayant été perdu au profit d'Alstom. L'activité sera donc essentiellement tournée vers l'international.

Ensuite, le seconde décision porte sur l'activité automatismes, la France étant le centre de compétence mondiale en la matière pour les métros du groupe. Châtillon devient le site uniquement consacré à ce métier. “Cette activité se porte bien grâce aux récents contrats gagnés, par exemple, à New York. Mais nous sommes confrontés à une concurrence asiatique, et notamment à des grandes manœuvres de concentration qui nous imposent de rester perfomant en termes financiers et donc de faire la chasse aux coûts cachés", continue Hervé de Lacotte.

Le marché des TET ouvert ?

Par ailleurs, le groupe confirme sa détermination à trouver une implantation industrielle ferroviaire en France, pour autant qu'il reçoive des commandes justifiant un tel investissement. Les prochains appels d"offres concernant le RER E ou les rames du Grand Paris Express, voire le marché des trains d'équilibre du territoire (TET) seront les prochaines opportunités.

En réalité, sur ce dernier marché, rien n'est encore décidé. Le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies indiquera "avant la fin de l'année" si l'État lance un appel d'offres ou s'il lève une option dans le périmètre des contrats-cadres passés avec Alstom et Bombardier.

Cette dernière solution est évidemment réclamée par les deux constructeurs. Mais, elle pose un problème. "J'ai demandé une mission juridique pour savoir à quelle condition on peut commander un matériel allant à 200 km/h dans le cadre du contrat pré-existant pour des trains à 160 km/h", a indiqué en substance Alain Vidalies lors d'une audition à l'Assemblée nationale le 5 novembre 2015. Autrement dit, les autres constructeurs dont Siemens éventuellement pourraient avoir leur chance.

Marc Fressoz