A quelques semaines de l'ouverture de la COP21, la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) déplore que le transport public ne soit pas sérieusement considéré comme une solution au problème de changement climatique. Le gouvernement fait un amalgame entre l'automobile et le bus, alors que c'est essentiellement la voiture qui pollue...
 
Une fois encore, la Fnaut a épinglé la loi de transition énergétique qui fait la part belle aux véhicules électriques. "Le gouvernement compte essentiellement sur les progrès technologiques pour résoudre les questions d'environnement", a regretté son président, Bruno Gazeau au cours d'une conférence de presse.
 
Des bus propres hors de prix
 
La Fnaut craint, en particulier, que la modernisation du parc de bus et d'autocars imposée par cette loi ne se fasse au détriment de l'offre. Car, le surcoût d'achat d'un bus hybride (+50% par rapport à un bus diesel Euro 6) ou d'un bus électrique (+100%) intervient dans un contexte budgétaire contraint pour les collectivités territoriales. "Le mieux est l'ennemi du bien dans cette affaire", souligne-t-il.
 
Surtout, l'association d'usagers constate que la politique du gouvernement favorise la route (plan de relance autoroutier, hausse des péages bloquée, libéralisation du transport par autocar...) et l'aérien (non-taxation du kérosène).
 
La Fnaut souhaite donc que le gouvernement mette en place des mesures qui incitent au report modal. Ainsi, la fédération propose l'abandon définitif des projets d'infrastructures non favorables au développement durable et la suppression des niches fiscales anti-écologiques comme le barème fiscal kilométrique qui encourage l'usage de la voiture.
 
"Une chance historique"
 
Même si l'exécutif a décidé d'augmenter d'un centime la fiscalité sur le diesel, l'association réitère sa demande de création d'une véritable fiscalité écologique. La Fnaut demande, une nouvelle fois, au gouvernement de profiter de la baisse des prix du pétrole – une chance historique" – pour augmenter significativement la taxation des carburants routiers et du kérosène consommé par les avions effectuant des vols intérieurs. "Donnons-nous les moyens de changer les comportements", a conclu Bruno Gazeau.

Florence Guernalec