"Je pense que nous avons le réseau le plus sûr du monde. J'en ai la conviction absolue", a assuré Jean-François Carenco, préfet de la Région Île-de-France et de Paris lors d'un point presse le 17 novembre 2015. Les mots d'ordre étaient "sécurité" et "sérénité" : "chacun à son travail, chacun à sa mission". L'objectif ? Rassurer les franciliens qui prennent les transports en commun.
 
Depuis les attentats du 13 novembre 2015, la préfecture de police a annoncé le doublement des effectifs en tenue, soit 600 forces de sécurité : trois unités des forces mobiles, des brigades spécialisées du réseau (123 agents), la garde républicaine (27), des CRS (81), mais aussi des militaires (1000) qui s'ajoutent aux 3000 déjà déployés. Les effectifs de sécurité présents sur le terrain avaient déjà été accrus lors du renforcement du plan Vigipirate après les attentats de janvier 2015. Pour Jean-Paul Huchon, la sécurité dans les transports en commun "est au niveau humain à son niveau maximum".

Des contrats prévoyants
 
L'élu  a rappelé que la Région avait consacré 350 millions d'euros en dix ans pour la sécurité sur les trois réseaux - SNCF, RATP, Optile. Il y a déjà 1200 agents de sécurité de la SNCF (Suge), 1000 de la RATP (GPSR), 500 médiateurs Optile et 130 à la SNCF. De plus, les contrats Stif signés voici quelques semaines avec la SNCF et la RATP prévoient un renforcement de la présence humaine : 240 agents en plus en gare et de la Suge, 50 médiateurs, 200 dans les équipes d’accompagnement des bus de nuit et d’agents du GPSR.

Les deux opérateurs se sont ainsi engagés à accélérer les recrutements, sachant, par exemple, que la formation d'un agent de la Suge dure 5-6 mois. La PDG de la RATP, Elisabeth Borne, a précisé que des formations d'agents avaient été suspendues afin d'affecter un maximum d'équipes sur le terrain.
 
Une vidéosurveillance en appui

De plus, 100% des gares sont aujourd'hui équipées de caméras de vidéosurveillance. 100% des tramways et des bus du réseau RATP sont également équipés en vidéosurveillance, et 70% des bus du réseau Optile. Idem pour les trains et les RER acquis depuis 2006, et l'ensemble des rames rénovées. Le président de la SNCF, Guillaume Pepy a également rappelé qu'il existait un numéro spécial d'alerte (3117) qui sera doublé, à partir du 14 décembre d'un SMS (31177).

Un dispositif complet
 
Surtout, le préfet de police a assuré au président de la Région Île-de-France, Jean-Paul Huchon, qu'il n'était pas nécessaire de prendre des mesures supplémentaires. Ainsi, le conseil d'administration extraordinaire du Stif consacré à la sécurité qui se tenait après le point presse, n'avait pas vocation à prendre des délibérations, mais à informer les administrateurs - qui sont des élus - des moyens supplémentaires mis en place par l'État. "A l'heure actuelle, nous avons d'ores et déjà mis en œuvre les effectifs et les méthodes nécessaires", a conclu Jean-Paul Huchon.

Une proposition de loi attendue
 
En outre, les acteurs comptent sur la proposition de loi Savary qui comporte un volet sécurité pour parfaire le dispositif. Le texte qui devait être examiné, en urgence, à l'Assemblée nationale le 24 novembre prochain, est reporté en raison des derniers événements du 13 novembre 2015. Sont notamment concernés les agents de la Suge. En effet, Guillaume Pepy a souligné que le texte comportait deux avancées : permettre à ces agents de mener leur mission en civil, mais aussi de demander aux usagers l'ouverture de leurs sacs et de procéder à des palpations.
 
En revanche, l'idée de Ségolène Royal de mettre en place des portiques de sécurité dans les gares pour contrôler l'accès aux trains comme pour l'Eurostar a été aussitôt rejetée par Jean-Paul Huchon : "cette pratique généralisée contreviendrait aux impératifs de sécurité" compte tenu du flux de voyageurs – 5 millions de personnes par jour.
 
Reste à savoir si les Franciliens qui prennent, chaque jour, les transports en commun, seront rassurés par l'annonce de ces mesures.
 
Florence Guernalec

 
Colis et individus suspects à la SNCF
 
Guillaume Pepy a annoncé que la SNCF allait mener plusieurs expérimentations afin notamment de régler plus efficacement les cas de colis suspects qui ont été multipliés par quatre depuis les attentats de janvier.

S'appuyant sur des expériences à l'étranger, l'opérateur va tester une machine chargée de "renifler" les colis suspects afin de lever le doute plus rapidement. Autre idée en test, mettre sous cloche le colis suspect en attendant l'arrivée des démineurs, ce qui permet de mettre en place un périmètre de sécurité moins large.
 
Concernant les individus suspects, la SNCF va tester la vidéo patrouille qui permet de suivre les déplacements d'un individu grâce aux caméras déjà installées. Autre méthode, utiliser un logiciel d'analyse du comportement qui permet de concentrer l'attention des agents sur certaines personnes. Guillaume Pepy a reconnu que cette dernière solution est encore à un stade très expérimental.