Huit jours après avoir évoqué la mise en place de portiques de sécurité dans les gares, Ségolène Royal annnonce leur installation pour contrôler l'accès au Thalys à Lille et Paris avant le 20 décembre 2015.  Cette mesure, décidée à la suite des attentats de Paris le 13 novembre (130 morts), sera aussi instaurée à Bruxelles, Amsterdam et Cologne (Allemagne), et "au besoin, la France installera les portiques (dans ces gares, ndlr) pour qu'ils soient cohérents avec ceux qui sont installés à Paris", a ajouté sur France Inter la ministre, qui a aussi la tutelle des Transports.

Des frais répartis entre les gares

Ségolène Royal a précisé que les frais seraient ensuite répartis "entre les différentes gares". "On peut très bien coordonner, prendre en charge le pilotage des opérations. Je pense que la SNCF va prendre avec ses homologues, il faut que les choses se passent simplement", a-t-elle précisé à l'AFP. Le coût de ce dispositif "a été chiffré (par) la SNCF", a ajouté Ségolène Royal sans préciser de montant mais en soulignant qu'il s'agirait de "technologies françaises".

"Ce sont des décisions prises par les autorités nationales. C'est leur domaine, leur responsabilité", a indiqué à l'AFP Eva Martens, porte-parole de Thalys. "On est bien évidemment en avec eux", a-t-elle ajouté.  A la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB), une porte-parole a indiqué ne pas être au courant de ces derniers développements. "Pour l'instant, nous avons un accès limité pour les trains internationaux, on a mis des barrières pour permettre des contrôles des titres de transport  et d'identité en coopération avec la police", a-t-elle indiqué, ajoutant que c'était "une mesure provisoire".`

Billets nominatifs et barrages filtrants

Pour renforcer la sécurité dans les gares "qui reçoivent des trains à dimension internationale", le gouvernement français étudie aussi "la possibilité de mettre en place des systèmes de billets nominatifs", comme cela existe déjà pour le transport aérien, a par ailleurs indiqué Ségolène Royal. Ce dispositif avait déjà été évoqué après l'attentat avorté du Thalys, fin août, a commenté la ministre, "donc des études sont déjà en cours là-dessus".
Des "barrages filtrants" seront aussi déployés dans les gares pour contrôler des voyageurs et leurs bagages, "en s'appuyant sur les moyens de la SNCF".

Les trains internationaux, hors Thalys et Eurostar, au départ de Paris, "sont les trains qui vont vers le nord et l'est. Donc c'est sur la gare de l'Est notamment que l'on va regarder très rapidement la faisabilité des contrôles d'accès aux trains", a détaillé Ségolène Royal. A terme, "l'idée" est que les quais des gares ne soient accessibles qu'aux seuls voyageurs, "mais il faut être pragmatique", a-t-elle indiqué. Ces décisions vont être mises en application "très rapidement", a précisé Ségolène Royal.

Pas de "trains-marshal"

La SNCF a remis la semaine dernière au gouvernement
des propositions pour améliorer la sécurité des trains et des gares. Le patron de l'entreprise Guillaume Pepy avait alors évoqué la possibilité que des personnels de la sécurité de la SNCF en civil mais armés soient déployés dans certains trains. Cette proposition n'a pas été reprise dans les annonces faites, le 24 novembre, par la ministre de l'Ecologie. "Aujourd'hui c'est l'armée qui patrouille" dans les gares dans le cadre du plan Sentinelle, a simplement affirmé Mme Royal.

(AFP)