Ce ne sera ni le "Grand Huit", ni "Arc Express" mais "Grand Paris Express". Avant même la fin des débats publics qui s'achèvent le 31 janvier 2011 (lire), le projet de transport du Grand Paris a déjà un nom et surtout, il a enfin trouvé un terrain d'entente entre l'Etat et la Région Ile-de-France.

"Un accord historique, n'a pas manqué de clamer le ministre de la Ville Maurice Leroy devant la presse, le 26 janvier 2011. Au total, 35 milliards d'euros d'ici à 2025, dont 32,4 milliards pour les infrastructures, le reste pour le matériel roulant dont la nature n'est pas encore définie.

Cet accord porte à la fois sur la modernisation des réseaux de transport existants (11,9 milliards d'euros), en particulier les RER, et la réalisation du système de transport automatique autour de Paris (20,5 milliards). Dont un milliard pour des mesures d'urgence entre 2010 et 2013 (lire l'encadré).
Plus de 20 milliards d'euros seront donc consacrés à ce nouveau métro automatique, incluant le prolongement de la ligne 14 de métro au nord et au sud de Paris, et une rocade autour de la capitale comprenant deux arcs à l'est, dont l'un permettant une desserte en proche couronne depuis Saint-Denis-Pleyel ou Le Bourget, jusqu'à Champigny-sur-Marne.


La Datar mandadée pour le tracé

Le tracé sera défini après les conclusions d'une mission d'étude de la Datar mandatée par Maurice Leroy d'ici au 30 mars 2011, qui associe le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis.

Seul bémol à cette sortie d'impasse dans laquelle le projet de transport du Grand Paris était empêtré depuis des mois : la desserte du plateau de Saclay. Nicolas Sarkozy insiste sur la réalisation d'un métro automatique opérationnel dès 2020. La région défend, elle, un "bus à haut niveau de service qui pourra évoluer par la suite vers un tramway".

Pour la réalisation des projets, l'Etat et la région "s'engagent à trouver les moyens d'un partage de la maîtrise d'ouvrage" des projets entre la SGP et le syndicat des transports d'Il-de-France (Stif), "le cadre de ce partage étant élaboré au cours du premier semestre 2011"

 

Quel financement ?

Pour financer ces 35 milliards à l'horizon 2025, plusieurs sources de financement sont envisagées : le futur exploitant du réseau de transport du Grand Paris (normalement, la RATP) s'acquittera de péages à la SGP. Ils seront plafonnés à 0,8% de la dette de la SGP.
Par ailleurs, le rapport du député UMP Gilles Carrez (rapporteur de la commission des finances) préconise, si nécessaire, une modulation de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), des avances remboursables de la SGP, et l'élargissement de la zone 1 du versement transport (VT) payé par les entreprises. Maurice Leroy a annoncé que le gouvernement suivrait ces pistes de financement.

Enfin, la loi de finances rectificative 2011 prévoit dores et déjà des ressources nouvelles pour la région : la redevance pour création de bureaux, et une partie de la taxe locale sur les bureaux.


Vives tensions avec les Verts


Si l'accord est "historique" entre l'Etat et la région, les tensions restent vives à l'intérieur de l'exécutif régional. Le président PS de la  région, Jean-Paul Huchon, est en effet soumis à rude épreuve au sein de sa majorité : Jean-Vincent Placé, vice-président Europe Ecologie-Les Verts (EELV), chargé des transports, a laissé entendre que les Verts ne voteraient pas cet accord, ce qui ne devrait toutefois pas empêcher sa validation (EELV dispose de 49 sièges sur 209).

Nathalie Arensonas