Dans le sombre contexte  qui est le nôtre depuis le 13 novembre, la conférence Cop 21 sera-t-elle un antidote au pessimisme ambiant ? Elle promet une initiative internationale autour d’une cause commune et essentielle… vitale, même ! Cette conférence doit relever l’immense challenge de contenir le réchauffement climatique et éviter que ce phénomène redouté ne soit inexorable. Si nous échouons, notre planète future sera tout simplement cauchemardesque... Cop 21 engage donc bien notre avenir et, plus encore, celui de nos enfants et des générations à venir.

En tant que citoyen, je suis conscient qu’un accord est indispensable et je le souhaite ardemment. Mais je sais aussi que les grands sommets ne font pas tout : décisions et actions ne relèvent pas uniquement des dirigeants de nos États et doivent aussi venir des peuples. Nous tous, citoyens, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, devons prendre la mesure du problème. 

En tant que président d’un acteur majeur du transport collectif présent dans le quotidien des gens, je souhaite, avec mon groupe, œuvrer activement en faveur de cette cause. Car nous avons une conviction ancrée : pour l’environnement, le transport public n’est pas un problème, mais une solution ! Prendre les transports en commun est un acte citoyen pour limiter les émissions nocives, alors faisons de la mobilité durable une arme anti-pollution. 

Le sujet est certes plus complexe qu’il n’en a l’air. Le débat autour du diesel, par exemple, génère des jugements sans appel – que justifient en partie les niveaux de pollution souvent considérables des moteurs d’ancienne génération. La tricherie de grande ampleur menée par Volkswagen n’a fait qu’accélérer la demande de certains politiques de remplacer le diesel. Mais notre connaissance des nouvelles générations de moteurs diesel, qui produisent toujours du CO2 mais beaucoup moins de particules, montre qu’on ne doit pas condamner trop rapidement cette énergie. 
Le gaz est une autre piste à explorer : cette énergie est certes fossile, mais elle est peu chère et dégage beaucoup moins de CO2 que le diesel.
Plus vertueux encore : le biogaz. Cette énergie renouvelable et neutre en CO2, issue de la méthanisation des déchets,  est l’illustration parfaite de l’économie circulaire!
Pour le reste, soyons réalistes : l’électrique en batterie rechargeable ou via une pile à hydrogène se déploiera très progressivement à grande échelle. 

Pour un opérateur de transport collectif, le premier enjeu est évidemment de rendre ses modes de traction les plus propres possible. En la matière, nous ne préconisons pas une solution unique au détriment de toutes les autres énergies. Notre rôle est de conseiller les collectivités, les aider à trouver la meilleure solution, adaptée à leur contexte local. Nous nous imposons simplement une règle : toute expérience, positive ou négative, doit servir à tous et à chacun. 

Les transports pris dans leur globalité représentent  un quart des gaz à effet de serre produits aujourd’hui… dont 1% seulement pour les modes collectifs. En France, le transport public urbain représente seulement 2% de la totalité de l’énergie utilisée par le secteur du transport (contre 50% par les voitures). Notre défi majeur est donc de convaincre – sans les contraindre - les gens de laisser leur voiture au garage. Qualité de l’offre, confort des véhicules, services digitaux pour attirer les voyageurs et prix raisonnables peuvent favoriser le report modal de la voiture particulière vers les transports collectifs. 

Le transport public de proximité est une composante essentielle du quotidien des citoyens, qui ont de plus en plus besoin de se déplacer, tout en veillant à améliorer la qualité de leurs lieux de vie. Militant de la mobilité durable, j’entends bien placer toutes nos expertises au service de ce challenge.

Jean-Pierre Farandou,
Président de Keolis