Le renouvellement de Keolis aux commandes du réseau Linéad de Dreux n’aura pas été sans mal. Les négociations, qui ont duré deux ans, ont d’ailleurs été qualifiées de "difficiles" par Jacques Lemare, vice-président de l’Agglo du Pays de Dreux (120 000 habitants) en charge des transports.
 
"Keolis était le seul candidat et sa première offre était insupportable pour l’agglomération. Elle était beaucoup trop chère par rapport aux objectifs que nous nous étions fixés en matière de subvention d’équilibre", poursuit-il.
 
De plus, cette offre ne correspondait pas au souhait des élus de déléguer de nouvelles responsabilités à son exploitant, telle que la propriété du parc (15 véhicules), de l’agence commerciale et la gestion du système de réservation du transport à la demande.
 
"Keolis proposait une nette amélioration des services", reconnaît malgré tout Jacques Lemare.
 
Création d’une SPL
 
Aussi, face à un premier échec des négociations, les élus de Dreux ont décidé de créer une société publique locale (SPL). Une décision entérinée par le conseil communautaire de juin 2015. "C’est la seule solution que nous avions trouvé pour réaliser des économies importantes", précise le vice-président.
 
Entre-temps, les négociations ont repris. "Nous avons trouvé un interlocuteur sérieux qui a accepté d’ouvrir ses livres de comptes". Ainsi, après de nombreuses réunions et "beaucoup de brassages de chiffres", un accord a fini par être trouvé en octobre 2015. "Les deux parties ont fait un effort : la collectivité a revu son niveau d’exigence et Keolis ses marges."
 
Cet accord "bien équilibré" a mis un terme au projet de création d’une SPL. "Nous avons confié à Keolis une DSP entière. L’entreprise prendra en charge la commercialisation, les réservations du TAD, l’achat de véhicules et la construction d’un nouveau dépôt qui va lui coûter plus de 4 millions d'euros."
 
Réorganisation en deux temps
 
Le futur contrat débutera le 1er janvier 2016 et s’achèvera cinq ans plus tard. Il est assorti d’une subvention d’équilibre de 3,7 millions d'euros en 2016 qui passera à 4,1 millions en 2017.
Cette différence tient à la réorganisation en deux temps de l’offre de transport public.
 
L’année prochaine, Keolis devra développer un système de transport à la demande sur les 78 communes qui composent l’agglomération. Ce service fonctionnera avec des minibus et sera organisé en rabattement vers les lignes régulières.
 
En 2017, l’opérateur étendra, aux cinq communes-centres, le réseau urbain, aujourd’hui organisé sur trois d’entre elles. "Actuellement nous transportons un petit million de voyageurs pour un peu moins d’un million de kilomètres", indique le vice-président.
 
L’offre des services réguliers devrait être en légère augmentation (1,2 millions de kilomètres), tandis que celle affectée au TAD est estimée entre 200 000 et 250 000 kilomètres.
 
Des bus neufs
 
Keolis prendra également en charge le renouvellement du parc. Quatre nouveaux bus seront mis en service en 2016, trois autres en 2017 et deux en 2018. Les fréquences seront augmentées et de nouvelles dessertes verront le jour. L’hôpital sera notamment mieux desservi avec la création d’un arrêt aux portes de l’établissement.
 
Côté tarification, rien ne changera en 2016. Le titre unitaire restera à 1,30 euro et le voyage en TAD coûtera 1,90 euro. "2016 sera une année de rodage des nouveaux services. Par conséquent, nous ne voulons pas décourager les usagers. En revanche, s’il n’y a pas de dérapage, je ne vois pas pourquoi nous n’augmenterions pas normalement les tarifs en 2017, car le service sera d’une plus grande qualité."
 
De ce fait, la fréquentation devrait pour sa part progresser de 10% dés 2016.
 
Hausse du Versement Transport
 
Reste que les élus sont bien conscients de la nécessité de maintenir à 30% le taux de couverture des dépenses par les recettes commerciales.  Pour cela, le versement transport (une taxe acquittée par les entreprises et administrations de plus de 11 salariés) connaîtra deux hausses en 2016. Le taux passera de 0,4% à 0,6% puis à 1,05%.
 
"A partir de 2018, nous commencerons à travailler au renouvellement du contrat avec l’ambition de déployer une offre sur l’ensemble des 78 communes." Soit trois ans avant la fin du contrat de Keolis qui coïncidera avec celui confié à Transdev par le conseil départemental d’Eure-et-Loir.
 
"Aujourd’hui, Transdev sous-traite à Keolis la desserte des 59 communes du nord du département qui nous ont rejoint en 2014", précise Jacques Lemare.
 
Christine Cabiron