Keolis et Châteauroux métropole ont signé le 2 novembre 2015 un contrat pour l’exploitation du réseau urbain Bus-Horizon qui les lie pour six ans. Contrairement au précédent contrat, celui-ci est une délégation de service public, assortie d’un chiffre d’affaires de 30,8 M€.

"Les transports publics étaient jusque là opérés dans le cadre d’un marché sous forme de dialogue compétitif. Or nous ne pouvions pas reconduire une troisième fois ce type de contrat", explique Paul Pluviaud, vice-président en charge de la mobilité de cette agglomération de 77 000 habitants.
 
Négociations difficiles
 
Cette délégation de service public porte sur l’exploitation d’un réseau urbain et périurbain déployé sur 15 communes. Un marché que se sont disputés Keolis, Transdev et Ratp Dev. "Les négociations, ont été menées au couteau", précise l’élu. "Apparemment les transporteurs se livrent une véritable guerre pour obtenir un marché".
 
Finalement, les élus ont retenus Keolis pour des critères financiers. "Keolis a fait des efforts considérables en baissant ses prétentions de 2 M€ par rapport à sa première offre".
 
Hausse de la fréquentation de 15%
 
En 2014, les 13 lignes de ce réseau ont enregistré 4,5 millions de voyages. Dans son offre, Keolis a également proposé aux élus d’accroître cette fréquentation de 15% en six ans.

"C’est un véritable challenge. Impossible aujourd’hui d’affirmer si cet objectif sera atteint", estime Paul Pluviaud. "Keolis va devoir motiver les Castelroussins à utiliser encore plus les transports publics, car il est prévu une pénalité de 240 000 € s’il n’y parvient pas".
 
Pour accroître l’attractivité des transports publics, quelques nouveautés vont être déclinées. La fréquence a d’ores et déjà été renforcée sur 4 lignes, tandis que des horaires de passage ont été modifiés pour être notamment en adéquation avec la desserte des établissements scolaires. Par ailleurs, Keolis va développer un panel d’outils d’information numériques : application pour Smartphone, nouveau site web, fil Twitter.
 
La gratuité financée par le VT…
 
La particularité des transports publics de Châteauroux est qu’ils sont gratuits depuis 2001. Cette agglomération a d’ailleurs été l’une des premières à franchir le pas en ce sens. "Cette décision a été prise car à l’époque les bus circulaient à vide. Nous totalisions alors 22 voyages par an et par habitant". Et les recettes commerciales, chiffrées à 400 000€, ne couvraient que 14% des dépenses de fonctionnement.
 
Aussi, pour financer cette mesure, les élus en place ont décidé d’augmenter le taux du versement transport, le passant de 0,50% à 0,55% puis à 0,60%. Un taxe qui rapporte aujourd’hui environ 4 M€ par an. "Grâce à cette ressource, le budget a été équilibré jusqu’en 2007 ".

La situation financière s’est néanmoins détériorée lorsque l’agglomération a pris en charge les dessertes périurbaines, antérieurement placées sous la responsabilité du conseil départemental de l’Indre.
 
… puis par le budget général
 
"Aujourd’hui le budget général de l’agglomération abonde à hauteur de 2,4 M€ celui des transports". Pour autant, les élus castelroussins n’envisagent pas de remettre en question la gratuité. Grâce à cette mesure, mais aussi du fait d’une augmentation de l’offre de transport (+41%), la fréquentation a bondi de 200% entre 2001 et 2014, passant de 1,5 à 4,5 millions de voyages.
 
Aujourd’hui le nombre de voyages par an et par habitant est de 60. "Soit bien au dessus de la moyenne des agglomérations de notre taille qui est de 39", rappelle Paul Pluviaud. "Il y a eu un réel développement de l’usage des transports publics. De là à affirmer que ce développement se poursuivra, je n’en suis pas certain".
 
Christine Cabiron