Quelques jours après la confirmation de la réservation de leur trajet sur Voyages-SNCF, les voyageurs ont reçu un mail personnalisé intitulé "votre voyage vous fait gagner de l'argent". "Votre logement est vide pendant votre voyage ? Devenez hôte Airbnb et louez votre logement pour financer votre voyage", peut-on lire dans le corps du  mail, qui précise que dès qu'une première location aura été effectuée, voyages-sncf.com et Airbnb vous "offrent un billet aller-retour pour une prochaine escapade en France", sous la forme d'un bon voyage.

Un partenariat qui fait des vagues
 
Voyages-SNCF a décidé de tester le service Airbnb pendant plusieurs mois. Une initiative qui ne plaît pas à tout le monde. "Nous sommes choqués et en colère : comment une entreprise publique subventionnée par l'État peut-elle nouer un partenariat avec une multinationale qui use de toutes les failles du système fiscal français pour ne déclarer que 2% de son chiffre d'affaire en France et ne créer quasiment aucun emploi", dénonce fermement Didier Chenet, président du GNI-Synhorcat qui représente notamment les hôteliers, é par l'AFP.
"Nous allons saisir le gouvernement, le Premier ministre, en leur envoyant un courrier et nous envisageons de faire poser une question écrite au gouvernement lors de la prochaine séance à l'Assemblée nationale", a martelé Didier Chenet.
 
De son côté, l'Umih, principale organisation patronale de l'hôtellerie-restauration, a fait part de son "grand étonnement de voir la SNCF se lancer dans une telle opération". "Nous allons réagir auprès de Guillaume Pepy, mais également du ministre des Transports et des différentes parlementaires que nous allons croiser", a assuré à l'AFP Hervé Becam, vice-président de l'Umih.

Le 15 décembre, Voyages-SNCF annonce qu'elle renonce à ce partenariat : "face à l’incompréhension créée par la promotion ponctuelle de Voyages-sncf.com avec AirBnB, Voyages-sncf.com a décidé d'arrêter l'opération en cours et de prendre le temps du dialogue avec l’ensemble des professionnels de l’hôtellerie afin d’analyser les conditions dans lesquelles les nouveaux modèles d’économie collaborative peuvent contribuer à la relance du tourisme en France".


Intégration de l'offre Ouicar
 
Surfant sur le boom de l'économie collaborative, Voyages-SNCF a également annoncé un partenariat avec OuiCar,
contrôlé à 75% par la SNCF depuis juin 2015. Les voyageurs sont ainsi incités à louer leur voiture à des particuliers pendant leur voyage. Le site teste également le service de la start-up Kidygo qui propose aux voyageurs de servir de "nounou" à des enfants non accompagnés en échange du paiement de leur billet de train. Un service complémentaire de son offre Junior & Cie qui permet de réserver un encadrant pour les trajets de ses enfants pendant les vacances scolaires ou le weekend. "On veut inventer le voyage qui rapporte de l'argent", a expliqué à l'AFP le directeur général de voyages-sncf.com, Franck Gervais, "pour toux ceux qui veulent voyager plus avec un budget donné".
 
Frank Gervais estime que ces offres peuvent concerner 10% de la clientèle du site internet de la SNCF d'ici 2019, et précise que le modèle économique de ce partenariat, qui sera défini à l'issue de plusieurs mois de test, "va être essentiellement autour de la génération de trafic, d'audience, pour le partenaire, et, de notre côté, l'apport de services au client". Cette phase de test devrait durer quelques mois, afin de "caler le modèle économique, et l'intégrer à l'expérience client", avant un lancement définitif prévu à la rentrée 2016. "On teste d'abord l'intérêt du client pour chacune des trois propositions", a précisé Franck Gervais.
 
 Florence Guernalec (avec AFP)