Ce n’est pas encore le grand coup qui permettrait à Alstom de devenir la locomotive de la concentration de l’industrie ferroviaire. En attendant, le Français a décidé d’augmenter sa participation dans le capital du constructeur russe Transmashholding (TMS). Il a annoncé, le 29 décembre 2015, avoir déboursé "54 millions d’euros" pour acheter "8% du capital" et porter ainsi sa part à 33% au lieu de 25%. Sa présence au conseil d’administration n'augmente pas, Alstom gardant deux sièges.

Alstom est partenaire depuis six ans de Transmashholding, filiale des chemins de fer russes (RZD). Ce partenariat lui a permis de s'ouvrir les portes du marché russe et des pays de l'ex-URSS (CEI). Les deux constructeurs "ont travaillé ensemble sur un projet afin de livrer 400 locomotives de fret et de voyageurs à RZD", rappelle Alstom.

L'opération renforcera la collaboration entre Alstom et TMH. Outre la fourniture des trains, "les deux partenaires assureront la livraison de projets ferroviaires clés en main, d'infrastructures et d'équipements de signalisation, ainsi que l'exportation de produits et de pièces", énonce le Français.

Reste que les investissements dans la zone d'influence russe risquent d'être moins porteurs qu'au début du partenariat. L'économie russe, dépendante du pétrole, est plongée dans la crise en raison de l'effondrement du prix des hydrocarbures.

Marchés financiers de marbre

On ne peut pas dire que les marchés boursiers aient vibré à la nouvelle. Depuis qu'Alstom est devenu indépendant début novembre (après le rachat par GE d'une majeure partie du groupe), le cours de l’action Alstom ne cesse de s'effriter. Après un pic à 30,99 euros, il est tombé en dessous de 28 euros en ce début 2016.

Les récentes annonces de commandes mirobolantes en Inde ou en Belgique n’ont rien changé, car les investisseurs regardent surtout les marges opérationnelles d’Alstom qui ne sont pas mirifiques et ne s'améliorent pas beaucoup. Avec 5,1% au premier semestre 2015, le constructeur est moins rentable que ses concurents occidentaux.

En fait, le message des analystes financiers reste assez clair. Certains ne croient pas à l'avenir d'un Alstom indépendant et poussent, comme Exane BNP Paribas, à une fusion entre Alstom et Bombardier.

Marc Fressoz