A Buenos Aires, 21 personnes, dont un chef d'entreprise et deux ex-ministres, ont été condamnées en première instance, le 29 décembre 2015, à des peines de six à neuf ans de prison ferme pour un des pires accidents ferroviaires du pays. Celui-ci avait fait 51 morts le 22 février 2012. 

Cette catastrophe s'est déroulée sur fond de corruption. Des responsables du réseau, des membres du gouvernement avec la complicité de responsables syndicaux ont détourné des sommes importantes destinées à l'entretien du réseau. Ce qui, selon la justice, a eu un effet dans la survenue de l'accident.

Le tribunal a ainsi condamné l'ancien directeur de l'entreprise Trains de Buenos Aires (TBA), Claudio Cirigliano, à neuf ans de prison ferme. Les deux anciens ministres des Transports Juan Pablo Schiavi en poste au moment des faits et son prédécesseur Ricardo Jaime (2003-2009), fidèle de l'ex-président Kirchner, ont respectivement écopé de huit et six ans de prison.

Mais la négligence est également une cause de la catastrophe. Parmi les 21 condamnés – sur 28 prévenus – figure également le conducteur du train, condamné à une peine de trois ans et demi. Dix-sept autres fonctionnaires et chefs d'entreprises ont été jugés coupables, à différents niveaux, de "négligence" ou de mauvaise  administration des ressources ferroviaires.

Le 22 février 2012, un train de voyageurs de banlieue était entré dans la gare terminus d'Once, dans le centre de la capitale argentine, sans freiner, percutant le heurtoir en bout de voie. 

L'accident, qui avait fait 51 morts et plus de 700 blessés, avait mis en lumière le mauvais état des chemins de fer, qui avaient été privatisés dans les années 1990. Il avait suscité une émotion considérable et conduit le gouvernement à renationaliser le réseau.

Au moment d'engager les poursuites, la justice argentine avait jugé que les chemins de fer étaient dans de "déplorables conditions".

AFP