L'État en tant que stratège est aux abonnés absents pour fixer la trajectoire financière de la SNCF – les contrats d'objectifs qui auraient dû être signé avec le groupe ferroviaire en 2015 sont toujours en attente, mais comme pilote du programme à grande vitesse, il brille par son empressement.

Le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies va ainsi approuver "dans les tout prochains jours" le tracé de la future Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan, souhaitant lever les inquiétudes des élus locaux qui craignent un report sine die du projet.

Interpellé lors des questions au gouvernement au Sénat, Alain Vidalies a expliqué, le 14 janvier 2015, attendre une proposition de tracé "transmise par le préfet à la suite de la consultation des acteurs du territoire menée à la fin de l'année dernière".

Le secrétaire d'État a souligné que la Commission européenne va payer 50% des études préalables au projet sur la période 2015-2019, pour un montant de 11,5 millions d'euros, sans expliciter que la France paiera le reste.
 
Le gestionnaire du réseau est chargé en 2016 "d'initier l'ensemble des procédures préalables à la tenue d'une enquête publique sur le projet dont les montants sont inscrits au contrat de plan État-région 2015-2020" a précisé Alain Vidalies.

SNCF Réseau en victime expiatoire

L'objectif est de lancer cette enquête publique "à l'hiver 2016-2017", a-t-il expliqué. "Il y a un financement européen, un engagement, un tracé que je vais rendre public. Cette ligne est bien défendue par l'Etat et vous pouvez comptez sur notre mobilisation", a conclu Alain Vidalies répondant indirectement à la nouvelle présidente PS de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Carole Delga qui a fait campagne en défendant ce projet.

L'incohérence de l'État qui a pourtant fixé l'entretien du réseau comme priorité, et la perspective d'une nouvelle hausse de l'endettement de la SNCF inquiètent le régulateur ferroviaire, l'Arafer. La loi portant réforme ferroviaire du 4 août 2014 lui a confié le contrôle de la trajectoire financière du groupe. Mais faute de l'existence d'un cadre uel entre l'État et la SNCF définissant celle-ci, il n'a pas encore de grain à moudre. Ce qui ne l'empêche pas de s'exprimer.

"Je rappelle que la réforme ferroviaire est censée dégager 500 millons d'euros d'économies pour le nouveau groupe SNCF, mais je constate qu'en 2015, l'endettement de SNCF Réseau a augmenté de 3 milliards d'euros, pointe Pierre Cardo, président de l'Arafer. Et avec la cohorte de LGV programmées après les quatre qui sont en cours d'achèvement, cela ne va pas s'arranger.

Et le patron de l'Arafer de conclure : "SNCF Réseau est la victime expiatoire de la réforme ferroviaire, on lui demande une chose et son contraire".

Marc Fressoz avec AFP