Après sa première apparition officielle lors de la COP21, le Bluebus de 12 mètres entre dans sa phase industrielle. Ce 15 janvier 2016, la chaîne de montage de ce bus "grand format" a été inaugurée dans un nouvel atelier de l’usine Bolloré d’Ergué-Gabéric, près de Quimper (Finistère). Le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, avait fait le déplacement. Ce site compte déjà deux usines Blue Solutions, filiale du groupe dédiée au stockage de l’énergie, où sont produites ses batteries LMP (Lithium Métal Polymère) ainsi que ses Bluebus de 6 mètres et Bluetram (bus à biberonnage) de 6 mètres.

Le nouvel atelier occupe 5 000 m2 et est épaulé par une plateforme logistique de 2 000 m2. La construction de cette nouvelle unité industrielle a coûté 40 millions d’euros sur 2015 et 2016, indique le groupe Bolloré. Elle emploie pour l’instant 40 personnes. Un chiffre qui devrait passer progressivement à 150 salariés d’ici la fin de l’année.

Une trentaine de Bluebus 12 mètres devraient y être produits en 2016. Cela permettra de couvrir la première commande passée par la RATP. Rappelons que la régie parisienne a commandé 23 Bluebus de 12 mètres pour cette année. Le premier doit circuler sur la ligne 341 de la RATP dès avril 2016 et le dernier doit être livré à l’automne.

Pour répondre aux prochaines commandes, la capacité de production de l’usine devrait "rapidement" passer à 200 véhicules par an, indique le groupe. Les premiers modèles produits à Ergué-Gabéric disposeront de deux portes afin de répondre au cahier des charges de la régie parisienne. Mais une version trois portes est également au catalogue. Une déclinaison  Bluetram de ce véhicule de 12 mètres est aussi disponible. Il est également question d’un futur modèle de 18 mètres pour la fin 2017.

Sortir du marché de niche des minibus

Avec son modèle de 6 mètres, le groupe Bolloré restait cantonné au marché relativement restreint des minibus pour petites lignes de centre-ville et autres navettes d’entreprises. Le Bluebus de 12 mètres lui permet d’accéder à un marché beaucoup plus vaste. Les bus 12 mètres représentent, en effet, 90 % du marché des véhicules de transports urbains de passagers. 

Alors que la version de 6 mètres offre une capacité de 22 voyageurs, le nouveau modèle peut transporter de 91 à 101 passagers, ce qui le rapproche de la capacité des bus classiques au gazole. Quant à son autonomie, elle serait de 180 à 250 kilomètres en fonction du nombre des passagers, indique Bolloré.

De quoi lui permettre de couvrir des lignes urbaines comme périurbaines. Ce bus est rechargé la nuit en quatre heures et demie, en charge accélérée, ou dix heures en charge normale. Mais la RATP a également demandé la possibilité d’une recharge rapide en biberonnage en fin de ligne. Le principe est ici de recharger le bus en quelques minutes à chaque pause de fin de ligne pour gagner en autonomie.

Outre Paris, d’autres grandes villes françaises sont en discussion avec le groupe Bolloré pour déployer ce bus électrique de 12 mètres. Des tests sont notamment menés à Lyon, en collaboration avec le Sytral. Rappelons que Bolloré est très implanté dans la capitale du Rhône qui accueille déjà le système d’autopartage Bluely, déclinaison d’Autolib’, ainsi que des expérimentations du Bluetram et du Bluebus 6 mètres.

Christophe Guillemin