Ce sera pour cet été au lieu du printemps. Retardée de trois mois après le déraillement pour excès de vitesse d'un TGV d'essais le 14 novembre 2015, la mise en service du dernier tronçon de la ligne à grande vitesse (LGV) Est européenne, construit entre Beaudrecourt et Strasbourg, interviendra le 3 juillet 2016.

 "La date de mise en service de la deuxième phase de la LGV Est européenne est maintenant arrêtée. Je vous confirme que ça ne sera pas le 3 avril, mais le 3 juillet dans des conditions provisoires car la voie qui a été accidentée est sous scellés judiciaires", a annoncé le président de SNCF Réseau Jacques Rapoport le 20 janvier 2016.
 
Concrètement, les trains devront rouler durant plusieurs mois sur voie unique sur une section d'environ 25 kilomètres. La vitesse des rames sera inférieure à 320 km/h qui est la vitesse commerciale prévue. “Le gain de temps ne sera donc pas de 30 minutes“ dans un premier temps, a ajouté Jacques Rapoport. “Les horaires seront rendus publics début avril". Ils donneront notamlment de la visibilité à Air France qui avec la mise en service complet de la LGV avait prévu d'alléger sa liaison entre Paris et  Strasbourg.

Sept mois de travaux environ

Lorsque la justice aura restitué la voie accidentée à la SNCF, celle-ci pourra alors engager les travaux de remise en état de l'infrastructure endommagée. Le groupe ferroviaire estime que "ces travaux  devraient durer sept mois".

En marge des annonces, un responsable de SNCF Réseau a estimé que le coût des travaux pourrait être de l'ordre de "plusieurs dizaines de millions d'euros". A financer par le gestionnaire des voies qui est son propre assureur. La série de négligences humaines, qui a engendré le déraillement, va donc coûter cher.

Reste à savoir à quel moment la fin la mise en service de la voie accidentée aura lieu. Seule certitude, "il faudra au préalable procéder à une campagne d'essais sur cette voie", indique Frédéric Delorme le nouveau directeur général chargé de la sécurité du groupe ferroviaire.

"Dans six semaines", a indiqué Guillaume Pepy, soit fin février, l'expert désigné par la SNCF, Pierre-Yves Lacoste, remettra son rapport intermédiaire sur les procédures d'essais. Il servira de base pour préparer dans de nouvelles conditions de sécurité les prochains essais sur LGV qui arrivent mi-2016.

Après la destruction du TGV d'essais fin novembre, la SNCF s'emploie à reconstituer une nouvelle rame d'essais en la dotant d'appareils de mesure. La priorité pour le groupe public, qui est prestataire des groupes privés qui construisent et exploiteront les prochaines LGV, est d'être prêt pour réaliser selon le calendrier prévu les campagnes d'essais de circulation sur ces lignes.
 
“SEA, BPL, contournement de Nîmes, nous sommes sur la bonne trajectoire pour qu'elles ouvrent aux dates prévues" en 2017, a sssuré Jacques Rapoport.

Marc  Fressoz