Incident d’exploitation “totalement exceptionnel“ mais très préoccupant pour la RATP. La ligne 1 du métro, l’une des plus fréquentées avec 750 0000 voyageurs par jour et qui a été automatisée en 2012, a été totalement paralysée par une panne généralisée, vendredi 22 janvier. C’était vers 17 heures, en pleine heure de pointe.
 
Les 41 rames en exploitation à ce moment-là dont 10 se trouvaient en tunnel n’ont plus répondu aux commandes. Des centaines d’usagers se sont donc retrouvés bloqués. L’évacuation des  personnes qui étaient dans les rames en interstations s’est terminée à 19h38 a indiqué la RATP. Elles ont dû rejoindre les stations à pied.
 
Après une nuit d’intervention, le fonctionnement commercial normal n’a pu être rétabli samedi 24 qu’à 8H30, trois heures après l’ouverture habituelle de la ligne 1.

Une panne mystérieuse

Le mystère règne encore sur l’origine de cette panne qui risque de coûter cher en termes de pénalités à la RATP vis-à-vis du Stif.  L’exploitant a détaillé les causes apparentes. "Une panne des systèmes d'échange avec les trains est à l'origine de l'incident", a précisé la RATP. Mais s’agit-il d’un problème de conception qui serait apparu ou d’un problème de maintenance des équipements ? La RATP ne répond pas encore. Le Stif, l'autorité organisatrice qui finance l'opérateur n'a pas encore d'explications.
 
La ligne 1 n’est pas la seule ligne automatique exploitée par la RATP. La ligne 14 l’est également, mais elle a été conçue pour être automatique dès son ouverture en 1998. En revanche la 1, ouverte en 1900, a été automatisée en cours d’exploitation.

Ce chantier s'est terminé en décembre 2012 après des années de travaux débutés en 2007. Montant de l'investissement annoncé ? 150 millions d'euros par la RATP hors achat du nouveau matériel roulant à Alstom. 

Le déploiement du Système d’automatisation de l’exploitation des trains (SAET) a été fourni par Siemens. L'équipementier ne fait pas de commentaires. “L'analyse des causes de l'incident d'exploitation  est menée par la RATP", souligne-t-il.

La ligne 4 au programme

Ce bug interroge pour la suite.  "Il reste aujourd'hui à analyser quels sont les types d'équipements qui ont été défaillants", a déclaré à la radio durant le week-end Philippe Martin, directeur général adjoint à la RATP en charge des opérations de transports et de maintenance.
 
Mais, a-t-il ajouté, "ce n'est pas du tout une remise en cause des lignes automatiques, dont les taux de disponibilité, de fiabilité et de  régularité sont les meilleurs du réseau parisien".
 
La RATP a lancé le chantier de l'automatisation de la ligne 4 (Porte de Clignancourt - Mairie de Montrouge), qui devrait être terminée à l'horizon 2022. On imagine évidemment que le retour  d'expérience du grand bug informatique de la 1 servira au projet, d'autant que le système d'exploitation choisi par la RATP est celui de Siemens.
 
Marc Fressoz