"Force est de constater que 2015 n'a pas été l'année du vélo", a regretté Pierre Serne, président du Club des villes et territoires cyclables lors de ses vœux à la presse. L'an dernier, celui-ci considérait que l'organisation de la COP21 en France notamment permettait de croire que l'année écoulée serait celle du vélo,  il a constaté que celle-ci "n'avait pas permis le changement d'échelle que l'on souhaite".

Malgré quelques satisfactions, Pierre Serne a regretté, en particulier, l'absence d'une politique globale et ambitieuse de l'exécutif, soulignant que des mesures comme l'indemnité kilométrique vélo (IKV) avaient été imposées contre l'avis du gouvernement... et grâce à la mobilisation du Club des parlementaires pour le vélo qui réunit des députés et sénateurs de toutes sensibilités. Mais, il a déploré que l'exécutif ait détricoté le dispositif voté dans la loi de finances rectificatif 2015 : plafonnement de l'exonération sociale et fiscale à 200 euros par an et par salarié, mesure facultative et non obligatoire, limitée au secteur privé.
 
Un bilan 2015 en demi-teinte que les acteurs économiques de la filière vélo présents à la conférence de presse ne partageaient pas. Plusieurs signes leur permettent d'être plus optimistes : des ventes de vélos à assistance électrique (VAE) qui progressent encore en 2015 (Plus de 100 000 VAE neufs vendus, +30% par rapport à 2014) ; des investisseurs qui s'intéressent à leurs entreprises ; une place de choix au prochain salon européen de la mobilité de juin 2016...

Une IKV sous surveillance
 
"2016 doit être l'année de la concrétisation de ce qu'on a vu émerger en 2015", a néanmoins déclaré Pierre Serne. Ainsi, le Club des villes et territoires cyclables a décidé de créer un observatoire de l'indemnité kilométrique vélo avec le soutien de l'Ademe. Il s'agira de mesurer ses effets sur la pratique du vélo dans les trajets domicile-travail : savoir dans quelles entreprises elle se déploie et de quelle manière ; quelles sont ses conséquences dans le report modal ; connaître les entreprises qui refusent de la mettre en place, mesurer le frein représenté par son caractère non obligatoire...

Un réseau pour structurer la filière
 
Le Club des villes et territoires cyclables souhaite également structurer la filière. Ainsi, l'association a lancé officiellement une "plateforme du vélo et des mobilités actives" qui a pour objet de fédérer tous ses acteurs – industriels, usagers, collectivités locales... – et notamment à mettre en valeur le gisement économique de la filière.
 
Cette plateforme animée par le Club des villes et territoires cyclables se conçoit comme un réseau.  Concrètement, l'initiative a vocation à être un lieu d'échanges et un espace pour initier des projets avec de multiples acteurs et financeurs, à organiser des événements types déficamps, hackathons et mutualiser des participations à des événements en France et à l'étranger mais aussi à  être un centre de ressources numériques.

De l'innnovation dans le vélo
 
Enfin,  Pierre Serne a annoncé que le programme DEFinnovation mobilités actives lancé en partenariat avec la FING (Fondation internet nouvelle génération) et le soutien de l'Ademe, devrait aussi se concrétiser en 2016. En effet, le club a lancé un appel à manifestation d'intérêt autour de trois items : rendre les livraisons actives, partager son vélo privé et l'info services vélo (partage des données liées au vélo). A ce jour, le club dit avoir reçu 21 candidatures de qualité.
 
Cependant, ces ambitions seront portées par un autre président ou présidente puisque compte tenu des résultats des élections régionales Pierre Serne ne peut plus représenter la région Île-de-France au sein du Club des villes et territoires cyclables. Son successeur devrait être connu au mois de juin lors de l'Assemblée générale et du conseil d'administration de l'association.

Florence Guernalec