Pressée par ses créanciers, la Grèce espère achever la laborieuse vente par appartements de sa compagnie ferroviaire publique OSE.
 
En 2012, celle-ci avait été découpée en deux grandes entités : d'un coté, TrainOSE qui exploite les trains ; de l'autre, OSE dont une branche possède et gère le réseau, tandis qu'une autre détient et entretient le matériel roulant qu'elle loue à TrainOSE sur le modèle d’une rosco ( rolling stock leasing company).

Concernant la vente de TrainOSE, Athènes a annoncé la publication d’un nouvel appel d'offres qui courra du 1er février au 26 avril 2016. Il s'agit de relancer une procédure enlisée.

La privatisation de la compagnie marquait, en effet, le pas depuis 2014. Trois groupes avaient été retenus : la SNCF, les chemins de fer russes RZD et la société roumano-américaine Watco-Group Feroviar.
Mais au bout du compte, aucun de ces candidats présélectionnés n’avait formulé d'offres.

Taiped, le fonds grec chargé des privatisations, avait alors fixé un nouveau délai au 15 janvier, en vertu du dernier programme d'ajustement conclu entre Athènes et ses bailleurs de fonds en juillet. Si bien que d’autres investisseurs, dont un groupe américain, ont fini par manifester leur intérêt.
 
Du coup, le fonds a annulé la précédente procédure pour en rouvrir une dans la foulée et élargir le jeu. Reste à savoir si la SNCF décidera d'être à nouveau de la partie.

Alstom positionné sur le matériel roulant

Pendant ce temps, l'appel d'offres concernant la rosco d'OSE se poursuit normalement, a indiqué Athènes fin janvier. Alstom est sur les rangs mais le Français n'est pas le seul. En 2013, la presse internationale avait signalé l’intérêt de Siemens pour cet actif à acheter.

Le gouvernement Tsipras a fait fin janvier un pas important concernant les privatisations qu'exigent ses créanciers pour la maintenir sous perfusion. Elle a dû céder 67% de la société du port du Pirée (Olp) à l’armateur chinois Cosco, déjà dans la place depuis 2008.
 
Au total, l'ambitieux programme de privatisations prévu par l'UE et le FMI s'élève à 50 milliards d'euros. La moitié doit servir de "garantie" pour la recapitalisation des banques, un quart au remboursement de la dette publique et le dernier quart à la réalisation d'investissements.

Mi-décembre 2015, la Grèce a conclu la vente des opérations de 14 aéroports régionaux à l'opérateur allemand Fraport, pour 1,2 milliard d'euros, première importante privatisation opérée par le gouvernement  de gauche d'Alexis Tsipras.

Marc Fressoz avec AFP