"On doit faire une pause. Le médiateur, le député PS Laurent Grandguillaume, nous a donné des assurances", a déclaré à l'AFP Joseph François, entrepreneur et président de l'Alternative mobilité transports (AMT) qui représente les Loti. Le médiateur nommé par le gouvernement devrait rendre son rapport vendredi ou lundi prochain, d'après Joseph François et la branche transport de Force ouvrière qui a rejoint le mouvement le 11 février 2016.
 
"Il n'y aura pas d'exclusion des Loti sur les plateformes de mise en relation (ndr: type Uber)", a affirmé un Joseph François, confiant. Ceux-ci craignaient, en effet, être exclus de ces plateformes à la date butoir du 28 février 2016 fixée par le gouvernement. D'après lui, les Loti devront "avoir deux personnes sur le bon de commande, pas dans la voiture".

Les VTC pour la régulation du marché
 
Du côté des représentants des VTC, on se félicite également des premiers échanges avec le médiateur. Dans un communiqué commun publié le 12 février 2016, les organisations de l'intersyndicale (1) expliquent qu'elles demandent "l'application stricte" de la loi Thévenoud sur le terrain et réclament la "régulation du marché".
 
Toutefois, elles disent avoir "alerté le médiateur sur la situation précaire des entreprises Loti qui ne travaillent pas dans le respect de la règlementation du transport collectif" et réclament des mesures de transition vis-à-vis de ces entreprises. L'intersyndicale a également exprimé la nécessité de formations de qualité pour les conducteurs de VTC et le rapprochement des différentes qualifications.
 
Les plateformes numériques pointées du doigt
 
Surtout, l'intersyndicale rend les plateformes numériques responsables du conflit, en particulier, de "la conjoncture économique précaire de la majorité des entreprises et conducteurs VTC-Loti". Même si Uber n'est pas nommée, on se doute que la start-up est la première visée car elle a déclenché une guerre des prix en octobre dernier en baissant les tarifs de courses de 20% à Paris, des prix qui ne permettent pas, selon les VTC, de gagner leur vie.
 
Hasard du calendrier, le procès d'Uber France et de ses deux dirigeants se tient du 11 au 12 février 2016 devant le tribunal correctionnel de Paris. Si c'est l'appli UberPOP qui faisait travailler des particuliers et est suspendue depuis juillet 2015, qui est au centre des débats, c'est aussi les pratiques d'Uber en matière de traitement et conservation illégaux de données informatiques notamment qui sont en cause.

Enfin, ces derniers jours, son attitude pendant le mouvement des VTC-Loti qu'elle soutient, est aussi pointée du doigt. En effet, Uber France a reconnu avoir effectué des versements à des chauffeurs pendant les manifestations pour compenser la perte de leur chiffre d'affaires...
 
Taxis, VTC, Loti... Qui aura le dernier mot ? En tout cas, le président de la République a déclaré lors de son intervention télévisée le 11 février 2016 que "la concurrence doit être régulée. On ne peut pas faire que des gens qui (...) ne paient pas d'impôts ni de cotisations sociales puissent s'introduire sur les marchés".
 
Florence Guernalec
 
(1) Les organisations de l'intersyndicale : Otre, Unsa SCP-VTC, CNSERT, FFEVTC, CNCE-VTC, AFMCP