C'est parti pour les premiers marchés d'études de la ligne 18 du Grand Paris Express qui doit relier Orly à la gare de Versailles-Chantiers.

Après avoir approuvé le 13 novembre 2015 cet investissement de 2,7 milliards d'euros, la Société du Grand Paris (SGP) a en effet attribué, le 15 février 2016, les marchés de maîtrise d’œuvre de cet axe spécifique (voir encadré).

Ils se découpent en trois différentes briques.

Près de 75 millions d'euros pour le groupement conduit par Ingérop

Le groupement conduit par Ingérop et composé d'Artelia Ville & Transport, Arcadis et de cabinets d'architectes remporte le marché d'études du génie civil qui comprend le tunnel, le viaduc et les gares. Ce marché principal représente un contrat d'"un peu moins de 75 millions d'euros", indique-t-on chez  Ingérop.

Membres de ce groupement, quatre différents cabinets d'architectes vont réaliser plusieurs gares :         
  •  Ateliers 2/3/4 - Antonypôle et Massy-Opéra ;
  •  Richez Associés - Massy-Palaiseau ;
  •  Dietmar Feichtinger Architectes - Saint-Quentin Est et Versailles-Chantiers ;
  •  Corinne Vezzoni & Associés - Satory

Par ailleurs, la conception et la réalisation architecturales du centre d’exploitation est confiée à Jean-François Schmit Architectes.

Entrée du Néerlandais Benthem Crouwel 

La deuxième brique des marchés attribués porte sur la conception et la réalisation architecturales du viaduc et des gares aériennes Palaiseau, Orsay-Gif et CEA Saint-Aubin. C'est le groupement néerlandais Benthem Crouwel qui a été choisi. Ce groupement, spécialiste des gares et des viaducs, remporte son premier marché sur le Grand  Paris Express.

Au sein de ce groupement, Explorations Architecture est en charge du viaduc ; Benthem Crouwel et Atelier Novembre, des trois gares aériennes.

Signalons que l’Agence TER va s'occuper de l’insertion paysagère ;  8’18’’ de la conception lumière et  Jean-Paul Lamoureux de la conception acoustique des gares.

40 millions d'euros pour Egis

Enfin, le troisième étage concerne la conception et la réalisation des systèmes de l’ensemble de la ligne 18, incluant le matériel roulant. Le marché a été attribué à Egis-Rail qui a communiqué le montant du contrat. Il s'élève à "40 millions d'euros hors taxe" sur 14 ans. Ce gain porte à 132 millions d'euros le montant des contrats d'ingénierie engrangés par Egis seuls ou en groupement sur le Grand Paris Express.

Associées à ce groupement victorieux, deux entités font une belle opération. La première est l'agence Avant-première design public qui va être chargée de réaliser le design des trains.

La seconde est Keolis Conseil et Projets. Cette entité du groupe de transport est "en charge de l'expertise exploitation" pour la ligne 18, précise la SGP. C'est la première fois que la filiale de la SNCF obtient ainsi un contrat attribué par la SGP, et se trouve donc impliqué directement dans une phase du Grand Paris Express, en attendant mieux.

On le sait, Keolis lorgne sur l'exploitation des rames de métro du Grand Paris. L'appel d'offres, du ressort du Stif et non de la SGP, interviendra sans doute un peu avant l'ouverture de la ligne 15 sud, la première à être mise en service. Reste à savoir si être partie prenante sera un avantage et non un inconvénient pour Keolis.

Marc Fressoz
 
Un premier tronçon attendu en 2024

La ligne 18 assurera la liaison Aéroport d’Orly - Versailles-Chantiers en 32 minutes et permettra la desserte des pôles stratégiques du sud-ouest francilien, via 10 nouvelles gares.

Comprenant une portion souterraine de 21 kilomètres et une portion aérienne de 14 kilomètres en traversée du Plateau de Saclay, la future ligne permettra des correspondances rapides :
- à Orly, avec la ligne 14 prolongée, ainsi qu’avec la plateforme aéroportuaire ;
- à Massy-Palaiseau, avec les RER B et C, ainsi qu’avec de nombreuses liaisons TGV ;
- à Versailles-Chantiers, avec le RER C et les Transilien.
 
Sa réalisation est prévue en deux phases :
- ouverture prévue en 2024 du tronçon Aéroport d’Orly-CEA Saint-Aubin
- ouverture à l'horizon 2030 du tronçon de CEA Saint-Aubin-Versailles-Chantiers

Pour cette ligne 18, la Société du Grand Paris a retenu le principe d’un métro automatique sur fer avec les caractéristiques suivantes : alimentation par troisième rail, longueur de 45 mètres (avec possibilité d’extension à 60 mètres) et largeur d’environ 2,50 mètres.

Les rames permettront l’accueil d’environ 350 passagers et une vitesse commerciale moyenne de 65 km/h. La fréquence envisagée pour répondre à la demande de trafic en 2030 est de 3 minutes, nécessitant a priori un parc de 30 rames.