C'est "sans surprise" et "à l'unanimité" que les élus vésuliens ont renouvelé leur confiance à Keolis pour l'exploitation du réseau urbain de la communauté d'agglomération de Vesoul. En place depuis quatorze ans, la filiale de la SNCF le restera jusqu'en 2023.

"Ce candidat proposait une meilleure offre pour un prix inférieur à celui de son concurrent", résume Pierre Emaan, vice-président en charge des transports et de la mobilité. Nous avons ainsi pu baisser la subvention d'équilibre de 100 000 euros. Ce n'est pas négligeable."
 
Ce contrat de sept ans qui débutera le 1er mai 2016 porte sur un chiffre d'affaires annuel supérieur à 1,9 million d'euros. Pendant cette durée, Keolis s'est engagé à accroître la fréquentation – 500 000 voyages en 2015 – de 10%. "Depuis trois ans, elle augmente régulièrement, même si ce n'est pas en grande proportion".
 
Améliorations par petites touches
 
Parmi les actions à mettre en œuvre, figure l'amélioration de l'offre. Ce réseau, composé de huit lignes régulières auxquelles s'ajoutent un service de transport à la demande et des liaisons directes pour desservir la gare et l'hôpital, sera modifié "par petites touches" pour gagner en efficacité.
 
"Dans le précédent contrat, nous avons cadencé toutes les lignes. Cette profonde restructuration du réseau visait à rationaliser l'offre kilométrique. L'objectif était que les bus parcourent moins de kilomètres tout en transportant plus de personnes".
 
Cette décision qualifiée de "petite révolution" par Pierre Emann a été "difficile à mettre en œuvre pour une petite agglomération comme la nôtre". En effet, cette collectivité regroupe 20 communes et compte 34 000 habitants. Pas question donc, pour l'instant, de chambouler à nouveau les habitudes des clients du réseau VBus.
 
Aujourd'hui, Keolis a pour mission d'adapter les services pour mieux desservir les nouveaux pôles urbains et économiques. L'opérateur a déjà prévu la desserte de la future zone d'activités "Oasis 3" qui devrait être livrée d'ici un à deux ans.
 
Nouvelle billettique
 
Pour répondre à ces nouveaux besoins de mobilité, l'offre de transport sera augmentée de 1 à 2%. "Nous sommes arrivés à un point où il est impossible d'augmenter la fréquentation, sans proposer des kilomètres supplémentaires, précise le vice-président. Le cas échéant, cela se ferait au détriment de la qualité de service, ce que nous ne souhaitons pas."
 
Un nouveau système billettique sera également déployé, l'ancien étant obsolète. "Nous aurons ainsi des statistiques beaucoup plus fines et précises. Ce qui nous permettra d'aller plus loin pour analyser et mieux comprendre les habitudes de déplacement des habitants de l'agglomération".
 
Autre changement annoncé, l'organisation du transport à la demande. Les utilisateurs pourront accéder à ce service toujours sur réservation, mais dans des créneaux horaires définis. L'objectif ? Éviter que ces bus "ne fassent le taxi" et optimiser le taux de remplissage des véhicules.
 
Le parc n'échappera pas à ce vent de nouveauté. Il est prévu de renouveler un ou deux bus par an, tandis que la collectivité achètera trois bus de moyenne capacité et un de neuf places. "Ce n'était pas prévu, mais nous avons validé cette décision qui contribuera à moderniser le parc et offrir des places supplémentaires".
 
Actuellement, le réseau est opéré avec 12 bus standard, 3 dédiés aux personnes à mobilité réduite et un véhicule de 9 places.
 
Les transports publics disposent d'un budget de 2,2 millions d'euros, alimenté à hauteur de 1,9 million par le versement transport, une taxe acquittée par les entreprises de plus de 11 salariés. "Peugeot est implanté sur notre territoire. Avec 4 000 employés, c'est une véritable locomotive économique pour notre territoire", indique Pierre Emann.
 
Christine Cabiron