Les quatre syndicats représentation de la SNCF haussent le ton. Dans leur demande de concertation immédiate (DCI) – procédure préalable à tout dépôt de préavis de grève destinée à favoriser le dialogue – consultée par l'AFP, CGT, Unsa, SUD et CFDT affirment qu'ils "ne laisseront pas imposer en l'état un budget d'austérité pour les cheminots".

Un accord ou la grève
 
La SNCF a confirmé avoir été saisie par ces quatre syndicats. Même si la CGT affirme à l'AFP vouloir "encore croire au dialogue", la menace d'une grève dure se profile. Si les discussions aboutissent "à un constat de désaccord", un préavis sera déposé pour une grève de 24 heures le 9 mars, selon plusieurs syndicats.
 
Profondément désunies depuis la réforme ferroviaire, les quatre organisations réclament "un engagement de la direction à agir pour la mise en oeuvre de négociations concomitantes" devant déboucher sur un cadre social de "haut niveau pour les cheminots". 

La crainte d'un dumping social
 
Les syndicats veulent que les négociations soient menées aux "trois niveaux" : le projet de décret-socle dévoilé, le 18 février 2016, par le gouvernement, la négociation de la convention collective de branche et le futur accord d'entreprise SNCF.

Doutant de la réelle volonté de dialogue des entreprises au niveau de la branche, ils craignent de tout voir renvoyé à la future négociation SNCF, ce qui créerait un écart important entre entreprises, porte ouverte selon eux au dumping social. 
 
Le secrétariat d'État aux Transports prévoit un mois de concertation avant une transmission de son projet au Conseil d'Etat mi-mars et une publication du décret le 15 avril. Il recevra l'ensemble des parties la semaine du 22 février 2016. Les négociations dans la branche et à la SNCF doivent, elles, être closes au 1er juillet.

Les emplois et salaires aussi dans la balance
 
Les syndicats demandent également à la direction de procéder aux "embauches nécessaires pour la qualité et la sécurité des transports ferroviaires ainsi que l'amélioration des conditions de travail des cheminots". Évoquant le budget 2016, qui programme 1 400 suppressions de postes via des départs à la retraite non remplacés, "nous sommes loin d'être quittes", écrivent-ils.
 
Enfin, ils sollicitent "une véritable négociation salariale avant la fin du premier trimestre".

(AFP)