En Picardie, le "plan de transport adapté" (PTA)  s'étale du 29 février au 16 avril et du 7 mars au 16 avril pour le Nord-Pas-de-Calais. Certains trains seront remplacés par des bus, mais pas de manière systématique.
 
Le député PS des Ardennes, Christophe Léonard, a également fait état de la suppression, à compter du 3 avril, de 6 trains dans son département, en provenance ou à destination de Charleville-Mézières, conséquence selon lui du détachement "de 10 conducteurs ardennais en Ile-de-France".
  
"Cette situation est de fait le résultat d'une mauvaise gestion de la SNCF, qui n'a pas recruté assez de conducteurs en 2014 et se retrouve aujourd'hui incapable d'assurer l'ensemble de ses activités sur le territoire national", a-t-il dénoncé dans un communiqué.

Peu d'usagers affectés ?
 
Interrogée, la SNCF tient à rassurer en rappelant que dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le PTA concerne "moins de 0,5%" de ses clients et que seuls "30 trains en moyenne par jour sur 1 250 trains" sont concernés.
 
"Cela concerne des trains très peu fréquentés que nous avons choisis en période creuse et surtout pas des trains domicile-travail", a déclaré à l'AFP Céline Czernak, responsable des relations presse chez SNCF Mobilités pour la région.

Un taux d'échec élevé

En cause selon elle, un problème de recrutement et de formation des conducteurs. Comme il faut 18 mois pour former un conducteur, c'est tout le processus d'entrée dans l'entreprise qui est décalé. "Pour avoir un candidat qui arrive au bout de sa formation, il nous faut 200 dossiers de candidatures", souligne Mme Czernak.
 
Ainsi, la moitié des candidats abandonnent selon elle leur formation lorsqu'ils prennent connaissance des conditions de travail (horaires décalés, etc). Par ailleurs, le taux d'échec aux tests médicaux augmente, selon elle, du fait de la détection plus importante de consommation de psychotropes ou de cannabis.
 Enfin, le taux d'échec à la formation elle-même augmente aussi, notamment parce qu'elle requiert une bonne partie d'apprentissage par coeur.
A cela s'ajoutent les arrêts maladie, la nécessité de solder ses congés de l'année précédente avant le 31 mars, ou encore la plus grande difficulté à anticiper les départs à la retraite après la réforme.

Incompréhension de la Fnaut

Du côté des usagers, l'incompréhension règne. "La SNCF n'a pas prévu ce qu'il fallait en matière de ressources humaines, alors que cela fait des mois que cela lui a été signalé", critique Gilles Laurent, vice-président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut).
  
"C'est la première année que c'est aussi flagrant, on a des TER supprimés pour au minimum 3 mois", souligne pour sa part Christian Broucaret, représentant de la Fnaut pour la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. "Ce qui est nouveau, c'est qu'il commence à y avoir une baisse de fréquentation des TER. En Aquitaine, elle était de plus de 2% l'an dernier parce que les usagers se tournent vers le covoiturage", constate-t-il.

(AFP)