"Je suis très fier du réseau de transport public lyonnais intra-muros. L'offre de transport y est extraordinaire. Mais quand on quitte le centre de l'agglomération, la donne n'est plus la même. A Lissieu comme dans les communes voisines telles que Champagne-au-Mont-d'Or ou Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, la population réclame en vain depuis plusieurs années plus de transports publics."

Yves Jeandin, maire de Lissieu, une commune de 3000 habitants située à l'extrême nord de l'agglomération, ne sait plus à quel saint se vouer. Depuis qu'il a été élu maire en 2014, il fait à l'instar de ses prédécesseurs, le siège du Sytral, l'autorité organisatrice des transports de la métropole, mais aussi de la Région, pour réclamer une meilleure desserte de sa commune.

Une situation qui illustre la difficulté pour les transports publics de desservir les franges de territoires de plus en plus grands. "Nous nous inscrivons dans la politique globale de la métropole en matière de création de logements et de développement économique en favorisant l'implantation d'entreprises sur notre territoire, mais les transports ne suivent pas. Nous avons financé la création d'une centaine de places de parkings près de la gare, mais elles ne sont pas utilisées parce que l'offre ferroviaire n'est pas au rendez-vous ou en tout cas ne répond pas aux attentes des usagers. Nous avons le même problème pour les transports scolaires."

Un droit à l'expérimentation

Yves Jeandin et les maires des communes avoisinantes réclament un droit à l'expérimentation. "Le Sytral nous fait des réponses très techniques. Pour augmenter la fréquence du transport, il faut tant de personnes à transporter en plus. Mais comme l'offre n'est pas là, les habitants continuent à utiliser leur voiture. C'est un cercle vicieux. Ce que je revendique auprès du Sytral, c'est un droit à l'expérimentation. Augmentons l'offre pendant six mois pour voir si le mouvement s'amorce."

Comment mener une politique d'aménagement du territoire en incitant les communes à créer des logements collectifs et à attirer des entreprises, sans mettre en place des systèmes de transport écologiquement vertueux ? "Quand je reçois des tas de courriers de la part de parents d'élèves qui sont obligés d'emmener leurs enfants à Lyon en voiture. Ou bien quand j'ai une grosse entreprise de sécurité qui veut recruter à tour de bras parce qu'elle a été retenue pour assurer la sécurité des stades du championnat d'Europe de foot et que les jeunes sont obligés de venir à l'hôtel une semaine pour suivre un stage parce qu'il n'y a pas de bus pour les amener depuis Lyon, je me dis qu'on marche sur la tête."
 
Et comme marcher sur la tête n'est pas la meilleure façon de se déplacer, Yves Jeandin, qui doit être reçu le 18 mars par le Sytral pour faire à nouveau part de ses doléances, espère que son appel sera enfin entendu. "Nous avons des propositions concrètes à faire. Par exemple, depuis 2013, nous demandons le déplacement d'un terminus de bus de la commune voisine de Limonest sur la nôtre. Le maire est d'accord. Nous avons fait des tracés, nous avons imaginé où pourrait s'implanter ce terminus. Nous sommes même prêts à équiper un local pour les chauffeurs, mais nous n'avons aucune réponse du Sytral."

Robert Viennet