"Après un moment de tension entre Lisea et la SNCF, le dialogue a été renoué par mon intermédiaire", explique Alain Vidalies au journal . Sans donner davantage de précisions, le secrétaire d'État aux Transports assure qu'"on arrivera à une solution négociée acceptable".

Rappelons que les deux acteurs ne sont pas d'accord sur le nombre de dessertes directes entre Paris et Bordeaux. Le concessionnaire Lisea réclame 19 A-R/jour quand la SNCF avait prévu de se limiter à 13, le ministre avait pourtant tranché en octobre 2015 à 16,5 A-R.
 
Le financement du Lyon-Turin bientôt tranché
 
Au passage, le secrétaire d'État aux Transports ne se prive pas pour critiquer le mode de financement retenu pour réaliser cette nouvelle LGV, un partenariat public-privé : "Un choix singulier dès lors que le concessionnaire n'a qu'un client, la SNCF". Surtout, il dénonce le jeu de dupes qui a consisté à faire participer 48 collectivités locales au financement de la ligne en leur faisant croire que chacune aurait sa desserte.
 
S'agissant du financement de la LGV Lyon-Turin, Alain Vidalies explique qu'une décision sera prise avant la fin de l'année. Il évoque deux possibilités : recourir à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) ou instaurer une eurovignette sur les camions circulant dans les Alpes comme le recommandait le rapport du sénateur Michel Bouvard (LR) et du député Michel Destot (PS) remis au gouvernement en juillet 2015. Il confirme, dans cette interview, que l'Union européenne financera 40% du montant et la France 43% du reste, soit 26% environ du coût total.
 
Plus de ressources pour l'AFITF
 
En outre, Alain Vidalies rappelle que la loi portant réforme ferroviaire instaure la "règle d'or" qui impose que les nouvelles lignes ferroviaires seront financées par l'État et les collectivités locales ou tout autre acteur, mais plus par SNCF Réseau.
 
"Pour y parvenir, il faudra que l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) dispose de l'ensemble de ses ressources fléchées (redevance domaniale, un centime sur le gazole, etc.). Aujourd'hui, certaines sommes lui échappe", convient-t-il. "Je suis favorable à des ressources supplémentaires pour l'AFITF. Il y a débat sur le sujet, mais je pense que c'est indispensable."
 
Florence Guernalec