Cet été, les propriétaires d’une voiture 100% électrique ou hybride pourront pour la première fois circuler sur les principaux axes autoroutiers français, sans risquer de tomber en panne d'énergie. Avec un léger retard de six mois, le projet européen Corri-door doit être terminé pour juin prochain, promet Sodetrel, la filiale du groupe EDF qui pilote le déploiement. "Tous les 80 kilomètres environ, il y aura une borne de recharge rapide sur les principaux axes autoroutiers français. Corri-door sera ainsi la colonne vertébrale du futur réseau de bornes de recharge de l’Hexagone, aux côtés des réseaux déployés localement par les collectivités", indique Juliette-Antoine Simon, directrice générale de Sodetrel.

D’ici à juin 2016, 200 bornes doivent être installées afin de mailler les principaux axes autoroutiers. Pour l’heure, quelque 150 bornes sont déjà déployées dont 100 ont été mises en service. Elles équipent partiellement des axes autoroutiers comme l’A1 (Paris-Lille), l’A4 (Paris-Strasbourg) ou l’A6 (Paris/Lyon). L’A13 (Paris-Caen) est aujourd’hui l’axe le plus complet avec sept bornes opérationnelles sur huit.

Ce jeudi 24 mars 2016, Sodetrel et l’autoroutier Sanef inauguraient ainsi ce "premier axe opérationnel longue distance couvert par Corri-door". "D’ici cet été, nous allons ajouter la localisation des bornes par application mobile et sur le web", confie Grégoire Domenech, responsable développement des aires du groupe Sanef. Ces bornes vont également être intégrées à la "présignalisation" des aires, ces panneaux prévenant l’usager sur l’offre de services à la prochaine station.

Un défi technique et administratif

Parmi les grands défis de ce déploiement figure la complexité juridico-administrative engendrée par l’installation des bornes sur les aires de services. Ces stations sont en effet gérées selon un système complexe de concessions et de sous-concessions accordées aux sociétés d’autoroutes et aux groupes pétroliers. Le consortium a donc dû passer de nombreux accords avec les différentes parties prenantes pour chaque déploiement. La nouvelle législation de 2014 sur l’accès PMR a également nécessité d’adapter la configuration et l’emplacement de stations pour assurer leur accessibilité.

Enfin, les travaux de raccordement des bornes au réseau électrique n’a pas toujours été simple, car ces aires de services possèdent déjà de nombreux réseaux et canalisations sous la chaussée. Ces complexités techniques et administratives expliquent principalement ce retard de six mois sur le calendrier initial, qui prévoyait un bouclage du projet pour la fin 2015.

Une recharge en 20 à 30 minutes

Rappelons que le grand principe du projet Corri-door est de proposer un réseau de bornes de recharge rapide. Selon le consortium, la recharge est assurée en 20 à 30 minutes, selon la puissance des batteries. Pendant ce temps, l’usager peut faire une pause à l’aire de service avoisinante.
Les bornes sont compatibles avec l’ensemble des véhicules électriques grâce à trois prises couvrant les différents standards du marché (CHAdeMO, CCS et 43 kW AC). "Il était incontournable que nous proposions une compatibilité avec l’ensemble des véhicules 100% électriques ou hybrides", souligne Grégoire Domenech de la Sanef.

Enfin, le paiement s’effectue selon trois options : une carte prépayée achetée en station-service, une carte d’abonnement Sodetrel ou via le téléphone mobile par SMS surtaxé. Les formules tarifaires vont de 2 euros d’abonnement mensuel pour 3,5 euros les 15 minutes de charge, à 10 euros par mois pour 1,5 euro le quart d’heure de charge.

Le projet Corri-door est géré par un consortium d’acteurs (Renault, Nissan, BMW, Volkswagen, Sodetrel, Paris Tech) piloté par EDF, en partenariat avec les sociétés d’autoroutes Sanef, APRR et Vinci Autoroutes. Son budget global est de 9,7 millions d’euros, cofinancé à 50-50 par le consortium et l’Union Européenne (RTE-T).

Christophe Guillemin