"Alstom ambitionne de devenir numéro un ou numéro deux sur tous les continents", annonce le groupe dans un communiqué consacré à ses priorités stratégiques, opérationnelles et financières à l'horizon 2020. Son PDG Henri-Poupart-Lafarge explique, dans qu'il compte y parvenir en poursuivant "le vaste mouvement de transformation que le groupe mène déjà depuis quelques années".
 
Cela passe par le développement à l'international, en particulier dans les pays émergents. Concrètement, Alstom va continuer son mouvement de localisation de la production et de l'ingénierie, "un facteur décisif pour les clients publics". Le groupe annonce ainsi un investissement de 300 millions d'euros dans les trois ans, en particulier en Inde et en Afrique du Sud où Alstom a remporté d'importants contrats.
 
Le groupe prévoit également de proposer des solutions de transport globales : outre le matériel roulant, cela inclut la signalisation, la maintenance, la sécurité... "Il s'agit là d'activités en croissance, avec des marges plus récurrentes et plus élevées", souligne Henri Poupart-Lafarge dans Les Echos. Alstom explique que ces activités doivent représenter 60% de son chiffre d'affaires à horizon 2020 (contre 47% aujourd'hui).

Une compétitivité recherchée
 
L'entreprise va, en outre, mettre l'accent sur l'excellence opérationnelle. "Alstom a pour objectif de réduire ses coûts pour compenser la baisse des prix au niveau mondial et contribuer à l'amélioration des marges", explique le communiqué. Le groupe annonce ainsi des économies en termes d'achat qui devraient atteindre 250 millions d'euros par an. "Nous devons améliorer notre rentabilité, notre qualité", souligne le PDG.
 
Enfin, le groupe continue de miser sur l'innovation. Alstom a lancé une rénovation complète de sa gamme de matériel roulant. "Nous l'avons standardisée et épurée pour la rendre la plus compétitive possible sur les marchés mondiaux, et pas simplement européens", explique Henri Poupart-Lafarge aux Echos. Dernière gamme en date en pleine "rénovation", le TGV du futur. Alstom s'est donné pour objectif que 30% des commandes d'ici à 2020 proviennent de produits nouvellement développés.
 
Résultat, Alstom annonce une croissance organique de 5% par an d'ici à 2020, soit plus élevée que le marché (2,8% avec l'urbain à 4,1% par an). Et une marge d'exploitation ajustée (1) d'environ 7% contre 5% aujourd'hui et 4% voici quelques années. Une progression "tirée par le volume, le mix produit et les impacts des actions d'excellence opérationnelle".
 
Des ambitions qui ne masquent pas les difficultés en France, en particulier pour le site de Reichshoffen. Henri Poupart-Lafarge annonce, dans les Echos, une baisse de l'activité après l'été et une suppression d'emplois "d'un certain nombre d'intérimaires".
 
Florence Guernalec


 
(1) Le résultat d’exploitation ajusté correspond aux bénéfices avant intérêts, impôts et résultat net des titres mis en équivalence ajustés avec : les dépenses de restructuration nettes, la dépréciation d'actifs corporels et incorporels, les plus ou moins-values/réévaluation sur les cessions d'investissements ou les changements de contrôle d'une entité et tout autre élément exceptionnel. Un élément exceptionnel est un élément « unique » qui n'est pas censé réapparaitre les années suivantes et qui est significatif.