"Le conseil du Stif demande au gouvernement d'autoriser SNCF Réseau à augmenter d'au moins 450 emplois ses effectifs affectés à l'Île-de-France d'ici à début 2017 pour mettre en œuvre les investissements indispensables à la régénération et à l'amélioration du réseau en Île-de-France et à la réalisation des nouvelles infrastructures prévues au contrat de projet". Tel est le vœu voté, à l'unanimité, par les élus du Stif le 30 mars 2016.
 
Ces élus considèrent, en effet, qu'il manque 200 agents pour garantir la régénération du réseau ferroviaire et 250 pour permettre sa modernisation et son extension. Or, le Stif explique, dans un communiqué, que le gouvernement n'a "a priori" pas autorisé "à ce jour" ces créations d'emplois. Cependant, le gouvernement a d'ores et déjà autorisé SNCF Réseau à augmenter le nombre d'agents de 500 en 2015 et 350 en 2016, selon les déclarations de son président Jacques Rapoport le 10 février 2016.

De plus, le Stif explique qu'il est "aujourd'hui indispensable que la SNCF et l'État engagent les moyens financiers (800 millions d'euros d'investissement par an)". C'est bien l'objectif affiché par SNCF Réseau qui est passé d'un investissement de moins de 200 à 600 millions d'euros par an en 6-7 ans en Île-de-France. Une capacité financière qu'il appartient aux pouvoirs publics de déterminer.
 
"C'est un effort qui s'inscrit dans la durée. C'est tout l'objet du contrat de performance qui est en discussion" entre l'État et la SNCF, expliquait, le 10 février Jacques Rapoport qui a depuis
démissionné de ses fonctions. Une "discussion difficile" puisque l'exécutif a repoussé sa signature à la fin des négociations sociales entre les partenaires sociaux et au rapport financier qu'il doit présenter à l'été 2016 sur la dette du système ferroviaire.
 
Les élus du Stif ont sans doute lu le rapport de la Cour des comptes de février 2016  qui constate que "l'offre de service, la régularité et la ponctualité de nombreuses lignes restent inférieures aux objectifs contractuels". Selon ce rapport, "
la situation va continuer à se dégrader jusqu'en 2020 et ce n'est qu'en 2025, qu'on retrouvera le niveau actuel qui est pourtant loin d'être satisfaisant".

Florence Guernalec