Comme Alain Vidalies l'avait annoncé le 19 février 2016, cet appel à manifestation d'intérêt porte sur six des huit lignes de trains de nuit qui subsistent encore dans le paysage ferroviaire français. Deux seront maintenues malgré leur déficit et resteront exploitée par la SNCF : Paris-Briançon et Paris-Rodez/Latour de Carol. Les six autres (1) seront abandonnées purement et simplement au 1er juillet 2016, sauf si un opérateur privé en reprend l'exploitation. C'est le sens de cet AMI qui est .

Dans ce document de 23 pages, il est expliqué que "le gouvernement souhaite permettre à tous les opérateurs ferroviaires de proposer, pour leur propre compte, de nouveaux schémas d'exploitation innovants". Des schémas "qui peuvent également inclure toute autre ligne que les opérateurs jugeraient économiquement pertinente", précise le document. Cet AMI s'adresse aux opérateurs "au sens large", y compris d'autres acteurs "concernés par la participation à l'exploitation de lignes de nuit" (investisseurs, loueurs de matériel roulant, sociétés de service…).

Les personnes intéressées ont jusqu'au 31 mai 2016 à 17 heures pour remettre leur dossier dans lequel figureront l'offre de service envisagé, les prévisions de trafic et le niveau de charge, les conditions nécessaires à l'exploitation du service etc. Pour les y aider, sont publiés en annexe de l'AMI des fiches reprenant ligne par ligne quelques indicateurs de l'exploitation actuelle comme la longueur de la ligne et ses caractéristiques techniques, la fréquentation et les recettes de ces dernières années (2011 à 2014).

Y-aura-t-il des candidats ? D'abord, le délai de deux mois semble très court même si les opérateurs susceptibles d'être intéressés ont sans doute, en bon professionnels, commencé à regarder ces lignes bien avant les annonces ministérielles. Par ailleurs, dès le 19 février 2016, Transdev publiait un communiqué dans lequel il qualifiait de "faux semblant" cette démarche d'ouverture à la concurrence pour des lignes "en très grande difficulté, voire condamnées". Toutefois, lors de la présentation des résultats de son groupe, le 23 mars, son PDG Jean-Marc Janaillac expliquait que si cet AMI était publié, il y répondrait. D'autres opérateurs comme Arriva, qui avait fait des appels du pied aux Régions en 2014 pour reprendre l'exploitation de leurs TER, pourraient être intéressés.

Robert Viennet

(1) Les six lignes de nuit concernées par cet appel à manifestation d'intérêt sont : Paris-Savoie ; Paris-Nice/Briançon ; Paris-Toulouse-Cerbère/Latour-de-Carol ; Luxembourg/Strasbourg-Nice/ Cerbère dite Quadritranche ; Paris-Toulouse/Rodez ; Paris-Hendaye.