"Nous sommes des personnes responsables", a déclaré Stéphane Abeilhou, porte-parole de l'Association de défense des taxis toulousains, "nous voulons éviter tout débordement", a-t-il dit à l'issue d'une assemblée générale qui s'est tenue dans la soirée de mardi, à l'aéroport de Toulouse Blagnac. En conséquence, les taxis ont cessé les blocages aux abords de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, qui paralysait la circulation sur la rocade toulousaine et l'accès à l'aérogare.
 
Lors d'une réunion en préfecture, une délégation des conducteurs de taxis a demandé une réponse "sous 48 heures" à Alain Vidalies. Elle a refusé la perspective d'une nouvelle réunion "reportée au mois de juin", selon Stéphane Abeilhou.
 
Visiblement mécontents de cette réunion qui s'est tenue dans l'après-midi à la  préfecture, les organisateurs avaient dans un premier temps annoncé une reconduction du mouvement mercredi, pour un troisième jour consécutif. Mais, constatant une montée de la "tension" chez les manifestants, les organisateurs ont appelé à "lever le camp", lors d'une assemblée générale à l'aéroport, et à reprendre leur service normal dès mercredi matin, a précisé M. Abeilhou.
 
Une reprise du mouvement ce vendredi ?

Cependant, le représentant des taxis toulousains a ajouté que le mouvement pourrait reprendre à Paris ce vendredi si le gouvernement ne donnait pas une réponse satisfaisante à leurs revendications contre la concurrence des VTC, après leur refus de la feuille de route du secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, telle que présentée lundi lors de négociations à Paris.
 
Les taxis toulousains ne sont pas "du tout satisfaits des mesures" annoncées et demandent notamment la "fin du système VTC", qui favorise, selon lui, "les activités souterraines, occultes". Les chauffeurs réclament également le retour à la TVA à 5,5% et à la défiscalisation de la TIPP.
 
Le plan présenté par M. Vidalies prévoit, à différentes échéances,
le rachat de licences de taxis par l'intermédiaire d'un fonds de garantie, ainsi que la mise en place d'une signalétique "infalsifiable" pour les VTC et l'amélioration de la formation des chauffeurs.
 
Le directeur de cabinet du préfet, Frédéric Rose, qui a promis de relayer leurs  revendications, a rappelé "l'effet négatif de cette manifestation sur l'économie et l'activité locale", en particulier sur l'aéroport, Airbus et d'autres salariés du secteur aéroportuaire. M. Rose les a appelés "à mesurer l'impact de leurs actes", a-t-il rapporté à l'AFP, soulignant qu'"aucun débordement ne serait toléré".
 
Un message que les chauffeurs de taxis ont manifestement entendu, M. Abeilhou présentant ses "excuses" aux Toulousains, au nom des manifestants.

Florence Guernalec (d'après AFP)