Est-ce la fin du tunnel pour Egis après trois années consécutives de baisse de son chiffre d'affaires ? On peut l'espérer pour l'ingénieriste français, filiale à 75% de la Caisse des dépôts et à 25% de Iosis Partenaires, qui a vu en 2015 son chiffre d'affaires bondir de 10%. Une croissance à mettre au compte des acquisitions (+6%) mais aussi du développement organique qui a atteint +4% à périmètre constant.

Autre indicateur au vert, la prise de commandes qui représente 14 mois d'activités en 2015. Le carnet de commandes atteint désormais 22 mois d'activité, soit deux de plus qu'en 2014. Le résultat opérationnel passe de 31,7 millions en 2014 à 46,8 en 2015, et le résultat net hors plus-value double pour s'établir à 24,4 millions en 2015 contre 13,4 en 2014.

Le marché français étant plutôt atone, Egis a accéléré son internationalisation. En 2015, 60% de son CA a été réalisé hors des frontières hexagonales alors que cette proportion n'était que de 53% en 2014 et 49% en 2013. Le groupe a consolidé sa présence en Inde, au Moyen-Orient et au Brésil. Trois zones géographiques "que nous considérons comme des marchés domestiques", a indiqué Nicolas Jachiet, président d'Egis, lors de la présentation de ses résultats.

Cap à l'international

Ces trois zones représentent 3 650 collaborateurs sur les 13 000 que compte le groupe et plus de 200 millions d'euros de CA. Ainsi, sur le prometteur marché du Moyen-Orient – principalement les pays du Golfe –, Egis a généré une activité de 125 millions d'euros, "soit 13% de notre chiffre d'affaires" et acquis Projacs une société de management de projet leader dans la région.

Toujours à l'international, Egis a remporté plusieurs marchés liés à de grandes infrastructures de transport comme la maîtrise d'œuvre de la ligne 3 du métro de Mumbai en Inde, de la ligne 13 du métro de São Paulo au Brésil et de la ligne 3 du métro de Guadalajara au Mexique, l’exploitation de l’autoroute à péage National Highway NH-8D en Inde. S'y ajoutent le management de projet de l'ensemble des sections aériennes du métro de Doha et les études de faisabilité des trois lignes du métro de Médine en Arabie Saoudite. Le groupe a également remporté plusieurs contrats dans le domaine de l'eau et de l'énergie.

En France, après une baisse de 15 à 20% ces deux dernières années, le niveau de la commande publique s'est stabilisée grâce, notamment, au Grand Paris Express et au plan de relance autoroutier. Résultat, le CA France d'Egis a baissé dans les mêmes proportions. Le groupe a toutefois remporté quelques contrats dans l'urbain comme la maîtrise d'œuvre de la ligne 3 du tramway de Saint-Etienne, la maîtrise d'œuvre systèmes de la ligne 18 du Grand Paris Express ou celle du prolongement du tramway T1 d'Asnières à Colombes.

Egis qui réalise 78% de son activité dans l'ingénierie et le reste dans l'exploitation d'autoroutes et d'aéroports, s'intéresse aussi aux nouveaux services à la mobilité. En 2015, elle a remporté l'exploitation des services de stationnement en voirie de la ville d'Amsterdam, soit quelque 150 000 places. Une référence qui pourrait lui servir en 2018, en France, quand le secteur du stationnement sera libéralisé.

Robert Viennet