Après de longs mois de palabres, les élus aquitains ont fini par obtenir 17,5 directs Paris-Bordeaux par jour à partir du 2 juillet 2017, date de la mise en service de la LGV Tours-Bordeaux. A cela s’ajoute, une liaison rapide Paris-Angoulême-Bordeaux, soit un total de "18,5 allers-retours efficaces", se réjouissent la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et Bordeaux Métropole dans un communiqué commun. 

Un "plan de dessertes TGV qui répond de manière satisfaisante aux attentes fortes et légitimes exprimées par les territoires, les usagers et les acteurs économiques", se félicitent Alain Rousset, président de la Région Aquitaine-Limousin Poitou-Charentes, et Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole.

La SNCF perd la bataille

Dans le bras de fer qui les a opposés à la SNCF, les élus ont donc eu le dernier mot. Depuis des mois, l’opérateur s’en tenait à 13 dessertes directes par jour, au-delà ce n’était plus rentable, selon l’entreprise, compte tenu du prix des péages. En effet, même si la SNCF attend plus de 2,3 millions de voyageurs supplémentaires à l’horizon 2019 sur la LGV Sud Europe Atlantique, elle estime qu'elle va perdre au minimum 150 millions d'euros par an. 
De son côté, la région Aquitaine avait commandé une étude à un cabinet extérieur qui démontrait que l'opérateur allait au contraire gagner 80 millions. Interrogé sur cette question lors des résultats 2015 de la SNCF dévoilé en mars dernier, Matthias Emmerich, directeur général délégué performance et sécurité, avait rejeté les conclusions de cette enquête. 

Dans leur communiqué commun, les deux présidents rappellent les efforts financiers consentis par les collectivités : plus de 306 millions d’euros pour l'ex-région Aquitaine, 26 millions pour l'ex-région Limousin et 127 millions pour Bordeaux Métropole. De son côté, la SNCF va investir 1 milliard d’euros dans 40 nouvelles rames TGV Duplex Atlantique (qui seront livrées de 2016 à 2019). A cet investissement, s’ajoutent 24 rames Duplex rénovées.

Bordeaux sera ainsi à 2h04 de Paris lieu de 3h14, et Toulouse à 4h09 au lieu de 5h25. La desserte qui sera mise en service dès le 2 juillet 2017, est organisée autour d'une navette horaire TGV entre 6h00 et 21h00 avec un renfort à la demi-heure en heure de pointe.

En lien avec les trains du quotidien

Ces dessertes seront en cohérence avec des correspondances TER. Trois plages de correspondance TER/TGV, positionnées à Bordeaux à 7h00 (arrivée à Paris à 9h08), puis à 19h30 et 20h30 (départ de Paris à 17h19 ou 18h19) permettront à de nombreux territoires – Agen, Mont-de-Marsan, Bergerac, Médoc, Arcachon – de pouvoir faire des allers-retours à Paris dans la même journée, et de disposer d'une large plage de travail à Paris. 

"Preuve en est que les transports du quotidien ne sont nullement antinomiques de la grande vitesse, mais bien complémentaires", précisent les deux présidents. D'ailleurs, ils prévoient d’ores et déjà des adaptations pour améliorer encore la cohérence des liaisons avec les TER au regard des fréquentations.

D'autres LGV dans les cartons

Dans l’esprit de ces élus, cette LGV constitue une première étape du projet Sud Europe Atlantique à deux mois d'un prochain décret déclarant les LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax d'utilité publique. "Une bonne grille horaire était tout simplement indispensable", concluent les deux présidents. Ils espèrent que la LGV Tours-Bordeaux permettra aussi demain le développement des liaisons directes vers le Benelux et le Royaume-Uni.

Florence Guernalec

 

Les liaisons internes prises en compte

La Région a également été très attentive aux liaisons internes à son territoire, entre Poitiers, La Rochelle, Angoulême, Libourne, Bordeaux, et le Sud Aquitaine :
 ▪    14 Paris > Poitiers (dont 5 directs) et 12 Poitiers > Paris (aucun direct)
 ▪    12 Poitiers > Bordeaux (dont 1 direct) et 6 Bordeaux > Poitiers (tous via Angoulême)
 ▪    7 Paris > Angoulême (dont 2 directs) et 10 Angoulême > Paris (dont 3 directs)
 ▪    14 Angoulême > Bordeaux (dont 11 directs) et 15 Bordeaux > Angoulême (dont 11 directs).