Le calendrier déjà serré des négociations pour l'élaboration d'une convention collective commune à l'ensemble des salariés du ferroviaire se complique. Après une première réunion le 12 avril, qualifiée de "stérile" par les syndicats, la seconde, organisée le lendemain, a été interrompue par l'intrusion dans la salle des négociations d'une cinquantaine de manifestants portant des drapeaux Sud Rail.

Selon un communiqué de la CFTC, "des cheminots, invités par Sud Rail afin de démontrer leur attachement au RH0077 (NDLR : le décret qui régit actuellement le temps de travail à la SNCF) devant les locaux du ministère des affaires sociales […] où se tenait la réunion, ont forcé l'entrée, molestant au passage un personnel de surveillance, pour interpeller en direct les représentants patronaux."

Une intrusion qui, précise-t-on à 
l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), "est intervenue, alors que les représentants des OS représentatives étaient réunis pour travailler à la convergence de leurs positions".

Prochaine réunion... et grève le 26 avril

Dans une vidéo diffusée sur le compte Facebook de la CGT-cheminots Paris Austerlitz, on peut voir quelques dizaines de personnes envahir la salle des négociations en chantant "ça va péter", puis "cheminots, étudiants, précaires, salariés de droit privé, tous ensemble, grève générale" ou "On va arracher des chemises", précise l'AFP.

Suite à cette manifestation la réunion n'a pas repris après la pause déjeuner. Alain Vidalies a réagi dans un communiqué où il condamne "avec la plus grande fermeté les événements graves qui ont empêché le déroulement d'une séance de négociations de la convention collective du ferroviaire". Pour le secrétaire d'État aux Transports, "la meilleure réponse face à ces agissements est que chacun retourne à la table des négociations avec la ferme volonté de parvenir à un accord de haut niveau."

Ce ne sera pas simple. La prochaine réunion entre les syndicats et l'UTP est prévue le 26 avril 2016, jour ou l'Unsa a décidé de s'associer à l'appel à une grève unitaire lancé par la CGT. Ils viennent d'être rejoint par la CFDT qui considère que les propositions de l'UTP "qui reprennent pour l’essentiel les dispositions du décret-socle en privilégiant la flexibilité et la polyvalence des salariés des entreprises publiques et privées" sont une "provocation."

Côté patronal, on pointe le côté irréaliste des revendications syndicales sur l'organisation du temps de travail qui pourraient conduire, selon certains experts, à un accroissement d'environ 50% de la masse salariale pour maintenir le niveau de production actuel. Ce qui conduirait à une hausse de 20% du prix des billets de trains, prédisent les mêmes experts.

Patronat et syndicats doivent se mettre d'accord sur un texte d'ici à fin juin. S'ils n'y parvenaient pas c'est le
décret-socle qui se substituerait à la négociation paritaire.
 
Robert Viennet