Un TGV Paris-Tours et un train TER Lyon-Valence ont fait récemment fausse route sur quelques dizaines de kilomètres du fait d'erreurs d'aiguillage, a confirmé le 19 avril 2016 à l'AFP la SNCF, qui annonce procéder à des enquêtes internes sur ces incidents.

Un TGV Paris-Tours, parti de la gare Montparnasse le 13 avril à 18H19 est arrivé avec 36 minutes de retard à destination en raison d'une erreur au poste d'aiguillage.

"Il y a eu une erreur de numéro de train, l'aiguilleur a cru qu'il  s'agissait d'un numéro de TGV Atlantique à destination de Bordeaux et a envoyé le train vers Poitiers avant de s'apercevoir qu'il s'était trompé", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la SNCF.

Le conducteur s'est quant à lui aperçu aussitôt de l'erreur et l'a signalée au poste d'aiguillage avant de stopper le train à Villeperdue, à quelque vingt kilomètres de Tours, puis de rebrousser chemin. 

Idem quatre jours plus tard

Ce n'est pas le seul exemple récent de dysfonctionnements. Pour la même raison, le 17 avril au soir, un TER Lyon-Valence avec à son bord une centaine de passagers est arrivé avec une heure et vingt minutes de retard à Valence.

 Au lieu de prendre l'itinéraire de détournement prévu en raison de travaux sur des ponts-rails, le train a suivi son chemin habituel. "On pense que l'aiguilleur a envoyé le train sur cet itinéraire par habitude", a indiqué le porte-parole de la SNCF.

"Dans un cas comme dans l'autre, les trains ont pu partir parce que les signaux ont pu s'ouvrir, ce qui signifie que toutes les conditions de sécurité des circulations étaient remplies et qu'ils ne pouvaient pas se retrouver face à un autre train parce qu'il y a eu une erreur d'itinéraire", a-t-il ajouté. 

Des reprises d'itinéraires "pas exceptionnelles"

Il a précisé que ces "reprises d'itinéraires n'étaient pas courantes, mais pas exceptionnelles non plus" compte tenu du fait que la SNCF fait circuler 15 000 trains par jour. Quoiqu'il en soit, ces deux dysfonctionnements n'ont occasionné aucune collision ni rattrapage, mais ils font l'objet d'une enquête interne.

Ce n'est pas la première fois que ce genre d'erreur d'aiguillage se produit. Depuis plus d'un an, le BEA-TT mène une enquête sur un précédent en Île-de-France qui fait froid dans dos : la déviation, en pleine vitesse, sur une voie de service, d’un train de banlieue, le 9 décembre 2014 à Saint-Germain-en-Laye.

Un Monsieur sécurité pour les EPIC

Depuis la réforme ferroviaire, la gestion des itinéraires est de l'entière responsabilité de SNCF Réseau, un EPIC de 55 000 personnes qui se trouve sans président depuis février en raison de la démission de Jacques Rapoport dont la succession traîne.

Reste que si Réseau a désormais pleine compétence sur l'infrastructure, à la suite de la dernière catastrophe mortelle (celle d'Eckwersheim en novembre 2015), la SNCF a nommé à l'échelle du nouveau groupe ferroviaire un Monsieur sécurité en la personne de
Frédéric Delorme. Avec le titre de directeur général chargé de la sécurité, il a compétence sur les trois EPIC.

Marc Fressoz avec AFP