Chauffeurs salariés ou indépendants ? Aux États-Unis, Uber a trouvé un accord amiable pour mettre fin aux deux class action intentées par des anciens chauffeurs en Californie et au Massachusets. Ceux-ci demandaient à être  considérés comme des salariés d'Uber et non des indépendants. Ainsi, Uber sauve son business modèle contre 100 millions de dollars. Du moins pour l'instant. En effet, l'accord trouvé avec ces chauffeurs doit encore être accepté par un juge. Et une autre procédure similaire pourrait être déclenchée.
 
En France, un chauffeur de VTC a introduit une action auprès du conseil des prud'hommes de Paris en octobre 2015 pour réclamer une requalification de son contrat de partenariat avec Uber en contrat de travail. Son avocat Me Erol Demir entend démontrer qu'il existe "un lien de subordination" entre les chauffeurs et la plateforme de réservation Uber.
 
"Les chauffeurs ont l'obligation de se connecter, il y a un prix minimum garanti, ils doivent accepter 90% des courses et obtenir un taux de satisfaction important sous peine d'être rayés des listes d'Uber. Il y a tout de la relation de travail classique", justifiait alors cet avocat à l'AFP.
 
Les chauffeurs de VTC rassemblés au sein du
syndicat SCP/VTC Unsa, tiennent le même discours. "Nous ne décidons pas des tarifs, ni des courses, ni de la clientèle, ni du matériel...", expliquait Sayah Baaroun, secrétaire général de ce syndicat. Cependant, ces derniers disent préferer rester indépendants, mais ils demandent de pouvoir fixer eux-mêmes les tarifs et la politique commerciale. Bref, il s'agirait, selon eux, de revenir à la situation intitiale, c'est-à-dire à un partenariat d'égal à égal avec Uber.
 
Depuis, Uber a mis un peu d'eau dans son vin. La start-up, valorisée 62 milliards de dollars, publie un guide visant à clarifier ses relations avec les chauffeurs. Ces derniers pourront, notamment, se déconnecter de la plate-forme lorsqu'ils ne souhaitent pas travailler. Ils ne seront ainsi plus pénalisés pour avoir refusé des courses. Ce guide, qui pour l'instant s'applique uniquement aux États-Unis, doit être étendu à d'autres pays où Uber est présent.
 
En attendant une évolution des relations entre Uber et  ses chauffeurs, la décision des Prud'hommes de Paris sera examinée avec beaucoup d'attention.

Florence Guernalec