A quelques heures du début d'une deuxième grève unitaire à la SNCF, l'Unsa ferroviaire a organisé une conférence de presse sur le contexte social au sein de l'entreprise historique. "Trois sujets ont motivé le dépôt d'un préavis de grève le 26 avril", a expliqué en introduction Marc Baucher, secrétaire général du syndicat : les négociations sur l'organisation du travail, de fortes tensions sur l'emploi et les salaires. Mais c'est surtout le premier sujet qui cristallise aujourd'hui le climat social à la SNCF.
 
La pression sur le patronat
 
Les syndicats représentatifs de la SNCF ont d'ores et déjà prévu d'organiser une manifestation unitaire le 10 mai 2016, soit au milieu des négociations avec l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) sur la convention collective nationale. En effet, les partenaires sociaux ont prévu de reprendre les négociations les 4, 10, 11 et 25 mai prochain. Il s'agit "de mettre la pression nécessaire sur les négociations sociales", a admis Roger Dillenseger, secrétaire général adjoint de l'Unsa ferroviaire.
 
Le syndicat qui réclame "une convention collective de haut niveau", reproche à l'UTP son projet d'accord sur l'organisation du travail, "quasiment identique au décret-socle avec même des éléments en retrait", a déploré Marc Baucher. Les deux premiers jours de négociations des 12 et 13 avril derniers, ont conduit, selon Roger Dillenseger, à "une situation de blocage avec l'UTP". Or, si aucun accord n'est trouvé entre les syndicats et l'organisation patronale sur la convention collective au plus tard le 30 juin 2016, ce sera alors le décret-socle du gouvernement qui s'appliquera, un texte a minima qui définit la sécurité et la continuité du service.
 
Même si l'accord d'entreprise, discuté parallèlement avec la SNCF, préservera les conditions sociales en cours, "l'écart sera tel par rapport à la concurrence que l'entreprise SNCF sera mise en danger", a admis Roger Dillenseger. C'est sans doute pourquoi l'Unsa se positionne clairement contre la concurrence, estimant que "la multiplication des acteurs est davantage une source de problèmes que de solutions"...  
 
Comment tuer la concurrence dans l'œuf
 
Ainsi, l'Unsa demande que la convention collective ferroviaire nationale, qui s'appliquera à toutes les entreprises de la branche, soit proche du RH77 qui régit l'organisation du travail à la SNCF (). "Il faut que ce soit une concurrence entre les entreprises mais pas entre les salariés", a précisé Roger Dillisenger. Une revendication qui sera portée par le syndicat lors de sa rencontre avec le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies prévue le 28 avril 2016.
 
L'Unsa ferroviaire prévient d'ores et déjà que s'il n'y a pas d'évolutions après le 11 mai, la situation sera "explosive", selon Marc Baucher. Il faut s'attendre à "d'autres actions qui seront certainement un peu plus dur". En clair, fini les grèves carrées, place aux grèves reconductibles pendant l'Euro 2016 au mois de juin.
 
Florence Guernalec