"Ces mouvements vont, une nouvelle fois, pénaliser les clients : voyageurs et chargeurs et, ce faisant, nuire à toute l’économie nationale, qui doit relever de nombreux défis, déclare l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) dans un communiqué. Enfin, la situation financière des entreprises ferroviaires est déjà extrêmement tendue et ces perturbations vont la fragiliser davantage."
 
En outre, l'UTP considère que le mouvement de grève du 26 avril lié aux discussions en cours sur la future convention collective nationale ferroviaire est "incompréhensible" dans la mesure où un calendrier des négociations a été arrêté avec les syndicats.
Interrogé sur cette question le 27 avril, le président de l'UTP, Jean-Pierre Farandou s'est également étonné de cette "grève préventive" "pour faire pression" dans la mesure où il n'y a pas à cette heure de conflit constaté. Il veut croire que "la négociation paie plus que le conflit".

Des positions amenées à évoluer
 
L’UTP annonce ainsi qu'elle va émettre des propositions dès la prochaine réunion de la Commission mixte paritaire qui se tiendra le 10 mai 2016. L'organisation professionnelle dit avoir a listé "une vingtaine de points" sur lesquels elle est prête à évoluer, selon son délégué général Claude Faucher.
 
Dans son communiqué, l’UTP souligne "sa très forte volonté d’aboutir à une convention collective nationale moderne, à la fois protectrice des droits et intérêts des salariés de la branche ferroviaire, assurant la sécurité ferroviaire, valorisant la pratique d’un dialogue social de proximité et permettant aux entreprises qui la composent d’exercer leurs activités dans un cadre viable et socialement responsable".
 
"Pour signer une convention, il faut être deux", a néanmoins rappelé Jean-Pierre Farandou, soulignant ainsi que l'accord ne pourra être que le fruit d'un compromis avec les syndicats. Mais il a également prévenu que l'UTP ne signera que si le texte est "correct" pour les entreprises ferroviaires qu'il représente.

Florence Guernalec (avec AFP)
 
 
La Fnaut protèste aussi contre les grèves à la SNCF
 
la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) "estime que l’accumulation des grèves régionales et nationales n’est plus acceptable et finit par nuire aux intérêts des cheminots : on ne défend pas un service public en bloquant son fonctionnement. Des exigences excessives des syndicats, trop dérogatoires du droit commun, peuvent par ailleurs déboucher sur une contraction de l’offre ou une hausse du prix des billets".
 
De plus la Fnaut considère que les cheminots feraient mieux de faire pression directement sur le gouvernement pour que l'État "s’intéresse enfin à l’avenir du rail et réoriente sa politique ferroviaire". En effet, l'association d'usagers  rappelle que celui-ci est à la fois actionnaire unique de la SNCF, autorité organisatrice des trains Intercités et "soi-disant stratège".

Pour l'association, l'État  "ne s’implique pas assez et ne met pas en œuvre les préconisations de la loi du 4 août 2014 (schéma national des services ferroviaires, contrat de performance État-SNCF Réseau)".