Uber continue de déployer son modèle... et un système d'influence efficace. Car pour imposer sa plate-forme de réservation de voitures avec chauffeur sur les différents continents, l'entreprise américaine a besoin d'infléchir les législations nationales. Pour cela, parallèlement à une stratégie judiciaire offensive et à un travail de communication sur l'opinion, Uber s'attache désormais les services de personnalités influentes dotées d'un bon carnet d'adresses.

AInsi, l'ex-commissaire européenne Neelie Kroes et une série d'autres personnalités politiques et économiques de plusieurs continents ont ainsi rejoint un comité chargé de conseiller le controversé service américain de réservation mobile de voiture avec chauffeur Uber.

Ce dernier a annoncé, le 5 mai 2016, sur son blog officiel avoir organisé cette semaine la première réunion de son "comité de conseil en politique publique". Appelé à siéger deux fois par an, il doit conseiller l'entreprise sur des questions de régulation, de politiques publiques ou d'image, a détaillé un porte-parole.

Un soutien ancien de Neelie Kroes

La néerlandaise Neelie Kroes, 74 ans, a siégé durant plusieurs années à la Commission européenne sous la présidence José Manuel Barroso. Cette ancienne membre du PPE a d'abord été commissaire chargée des questions de concurrence de 2004 à 2009, puis des nouvelles technologies de 2010 à 2014.

Elle avait notamment apporté son soutien à Uber en 2014 quand la justice belge avait ordonné à la société américaine de cesser ses activités de "covoiturage" entre particuliers (UberPop) à Bruxelles, se disant "scandalisée" face à une décision qui "protège un cartel de taxis".

La liste de huit personnalités publiée par Uber sur son blog comprend aussi l'ancien secrétaire américain aux Transports Ray LaHood, l'ex-président de l'autorité de la concurrence australienne Allan Fels, un ex-Premier ministre péruvien Roberto Danino, ou encore la princesse saoudienne Reema Bint Bandar Al Saud.

Un débauchage déjà à l'œuvre en France

La valorisation de la start-up de la Silicon Valley est estimée à une cinquantaine de milliards de dollars. Mais sa croissance très rapide s'est accompagnée de nombreuses polémiques : les taxis l'accusent de concurrence illégale, et plusieurs villes ont interdit le service. A terme, Uber vise à exploiter avec Google et d'autres acteurs des services de réservation de véhicules connectés sans conducteur.

En France, Uber avait été pioché, en 2015, dans l'entourage du secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies. Il avait ainsi débauché son conseiller presse Grégoire Kopp. Récemment, il a embauché une ex-assistante parlementaire du sénateur PS André Vallin, Clara Brenot, jusque-là responsable affaires publiques de Tech In France (l'ex-association française des éditeurs de logiciels et de solutions internet AFDEL).

MF (avec AFP)