Au lendemain de la manifestation unitaire de plusieurs milliers de cheminots à Paris du 10 mai 2016, une intersyndicale s'est réunie pour décider des "modalités d'une grève reconductible" en mai. A l'issue de cette réunion, le front syndical semblait désuni, selon l'AFP.
 
En effet, la CGT, première force syndicale au sein de la SNCF (34,33% des voix aux élections de novembre 2015), appelle à la grève chaque mercredi et jeudi à partir du 17 mai 2016 à 19h00, a annoncé à l'AFP le syndicat. "Nous avons déposé un préavis reconductible illimité, par tranche de 48h hebdomadaire, couvrant chaque semaine les mercredi et jeudi", a précisé un porte-parole.

Sud Rail, 3e syndicat à la SNCF avec 16,83% des voix, avait évoqué, dès le 10 mai, un mouvement de grève reconductible à partir de du 18 mai 2016  comme "suite logique" de la manifestation.

De leur côté, les deux autres syndicats représentatifs à la SNCF –  l'Unsa, 2e syndicat (23,86%) et la CFDT, 4e (15,15%) n'ont pas encore fait part de leur décision suite à l'intersyndicale, mais l'Unsa doit se prononcer dans la journée.

La CGT et Sud prêtes à en découdre


La CGT explique, dans un communiqué, que "ce préavis doit surtout servir à rouvrir de véritables négociations à partir de la base revendicative unitaire portée par toutes les Fédérations au niveau de la branche. Il doit également permettre de porter nos exigences en matière de salaires et pensions, d’emploi, d’amélioration des conditions de travail, et donner un coup d’arrêt à la casse des métiers".
 
De même, Sud avance, dans un communiqué, trois motifs à son appel à la grève : pour une règlementation du travail dans le ferroviaire sur la base de la réglementation du travail actuelle de l’entreprise historique (RH 0077) ; pour obtenir le retrait de la loi travail ; pour la création d’un statut social de haut niveau.
 
Sud Rail s'en prend au gouvernement qui "refuse également d'écouter le corps social en passant en force, à travers le 49-3, le projet de loi travail". Surtout, le syndicat explique que le patronat "ne veut plus négocier une convention collective de haut niveau dans le ferroviaire, et a annoncé mettre un terme aux négociations", en référence à la position de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) exprimée lors de la réunion de la commission mixte paritaire du 10 mai.
 
Après avoir annoncé plusieurs modifications au texte initial, l'UTP a, en effet, estimé que "le point d'équilibre (lui paraissait) atteint" et a annoncé  que la prochaine réunion, prévue le 19 mai, pourra donner lieu "à des ajustements techniques", les différents textes négociés devant être "ouverts à signature au plus tard les 4 ou 5 juin".

Appel à une reprise des négociations
 
Même sentiment du côté de la Fédération générale CFTC des Transports (0,68% des voix à la SNCF) qui rappelle que le calendrier prévoyait encore trois séances de travail (19 mai, 1er et 2 juin). Pour le syndicat, "le compte n'y est pas et le texte proposé est bien trop en retrait des conditions sociales actuelles des cheminots".
Par railleurs, la CFTC admet qu'il lui est difficile "de se positionner sur ce texte sans une vision claire des négociations dans toutes les entreprises".
C'est pourquoi, le syndicat "demande une reprise des négociations de branche et l'ouverture de négociations dans toutes les entreprises".
 
Enfin, la CFTC considère que par son positionnnement, l'UTP cherche un déclenchement rapide de la grève des cheminots, "tablant sur un essoufflement certain d’ici au 10 juin, date d’ouverture de l’Euro que certains se seraient bien vu perturber pour augmenter la pression"...

Florence Guernalec (avec AFP)