Autre pays et mêmes préoccupations. Le personnel des ateliers de la SNCB avait débrayé spontanément le 25 mai au matin pour protester contre une diminution des jours de récupérations, conséquence d'un plan d'amélioration de la productivité décidé par HR-Rail, la filiale "ressources humaines" de la SNCB. C'est aussi la productivité qui est au cœur des discussions sur la future convention collective ferroviaire et l'accord d'entreprise à la SNCF actuellement en négociation en France.

Wallons et Flamands divergent

La grève était très suivie jeudi en Wallonie (sud), où le trafic était pratiquement nul, et beaucoup moins en Flandre (nord), ont indiqué les chemins de fer belges. Deux syndicats de cheminots francophones ont appelé l'ensemble du personnel, y compris les conducteurs et les contrôleurs à cesser le travail pour une durée indéterminée à partir du 25 mai à 22H00. Leurs pendants flamands n'ont en revanche pas appelé à faire grève, ce qui explique la différence de situation entre le nord et le sud du pays.

"En Wallonie, la circulation est quasiment à l'arrêt, à part quelques trains qui circulent dans la région de Nivelles (centre) et d'Arlon (sud-est)", a indiqué à l'AFP une porte-parole de la Société nationale des chemins de fer belges (SNCB), Nathalie Pierard.
"En revanche, en Flandre, plus de 80% des trains roulent", a-t-elle ajouté. Les trains internationaux Thalys (Paris-Amsterdam-Cologne) affichaient des retards de 15 minutes, tandis que les Eurostar pour Londres circulaient normalement, selon les sites internet des deux entreprises.

Dans les gares bruxelloises, la situation dépend de celle en vigueur dans les deux autres régions. "Les trains venant de Flandre arrivent et repartent, tandis qu'il n'y a pas grand chose pour la Wallonie", a expliqué Mme Pierard.

Le retrait de la circulaire demandé

"Nous voulons le retrait de la circulaire qui met cette mesure en œuvre. Il s'agit d'une provocation, alors que la procédure que nous avons engagée devant le conseil d'État (la plus haute juridiction administrative du pays, NDLR) pour contester cette décision est toujours en cours", a expliqué un responsable syndical, Philippe Dubois, cité par l'agence Belga.

Une réunion de concertation entre la direction de HR-Rail et les représentants syndicaux a été programmée d'urgence le 26 mai à 11H00. La a été reconduite jusqu'à vendredi au moins, ont annoncé les syndicats à l'issue de cette réunion infructueuse avec la direction des chemins de fer.

La grève sur le rail a causé d'importants bouchons en Wallonie et en Flandre, en particulier sur les axes menant à Bruxelles, selon les services d'info-trafic.

Florence Guernalec (d'après AFP)