Devant l’hôtel de ville de Marseille, il était difficile le 6 juin 2016, de ne pas remarquer les deux bus standard stationnés, recouverts d’une livrée vert pomme sur laquelle est écrit en gros caractères "100% électrique".
 
"Je suis ému et fier d’être là ce matin pour l’inauguration de la première ligne 100% électrique de France", a déclaré Maxime Tommasini, président du conseil d’administration de la Régie des transports de Marseille (RTM).
 
La ligne en question est la 82 qui relie le palais du Pharo à Euromed en passant par le Vieux-Port et le Mucem. Soit un parcours d’environ 7 kilomètres emprunté quotidiennement par 5000 personnes.

"C’est une ligne de centre-ville emblématique qui dessert des quartiers résidentiels, d’affaires et touristiques. La ligne 82 va montrer l’exemple et donner des idées à d’autres", espère Guy Teissier, vice-président de la Métropole d'Aix-Marseille-Provence.
 
Acquisition de six bus i2e
 
Ce choix du tout électrique ne tombe pas du ciel. Depuis plus d’un an, la RTM teste un bus de ce type en condition réelle. Durant cette période, celui-ci a parcouru 4000 kilomètres et présenté une autonomie journalière de 16 heures.
 
"A l’issue de ce test qui a été concluant, nous avons commandé à Irizar six bus standard via la centrale d’achat d’Agir". Soit un investissement de 2,5 millions d’euros.
 
Le modèle choisi par Marseille est le i2e. Il est doté de 16 batteries de type Zebra dont 14 en toiture et 2 dans un compartiment situé à l’arrière du véhicule. En matière d’autonomie, il peut parcourir jusqu’à 250 kilomètres en milieu urbain et nécessite un temps de rechargement au dépôt variant de 5 à 7 heures.
 
Côté environnement, il contribue à réduire de 88 000 tonnes les émissions annuelles de C02, tandis que l’économie annuelle de carburant est estimée à 33 000 litres.
 
En Europe, Irizar a commercialisé 17 bus de ce type à San Sébastian, Barcelone et Londres. Le constructeur espagnol s’est positionné sur les appels d’offres de Rennes, Bayonne et de l’aéroport de Bruxelles.
 
Réduire de 10% la part de la voiture
 
Marseille est donc la première ville de France à avoir opté pour ce modèle. Selon Guy Teissier, "ce bus vert qui n’en peut plus !" est un moyen de démontrer l’engagement écologique de la métropole.

"Nous avons élaboré un plan de déplacement urbain efficace pour organiser un développement durable de la métropole dans lequel il est prévu de réduire de 10% la part modale de la voiture en dix ans".
 
Pour cela, l’autorité organisatrice a engagé des moyens pour développer les réseaux de métro et de tramway. "Dans tous les aménagements urbains que nous réalisons, nous créons des sites propres pour fluidifier la circulation des bus, sans oublier les BHNS en direction de Luminy et Château-Gombert ", a rappelé Jean-Claude Gaudin, président de la Métropole.
 
"La démarche vertueuse et innovante engagée par la RTM contribue à la réduction des émissions polluantes dans un contexte où la pollution de l’air due en grande partie à la circulation automobile n’épargne pas Marseille, comme la plupart des autres grandes villes".
 
63% de déplacements électriques
 
Une contribution à la réduction des émissions polluantes qui revêt plusieurs formes. En 2013, la RTM a opéré une navette électrique sur le Vieux-Port et débuté une expérimentation portant sur deux bus hybrides conçus par Evobus.
 

"Chaque année nous achetons 59 bus. Ainsi la moyenne d’âge du parc de la RTM est de 7,5 ans. Ce qui nous place dans le peloton de tête nationale", note Maxime Tommasini.
 
La RTM réalise 180 millions de voyages par an, dont 63% s’effectuent avec un mode électrique.
 
Christine Cabiron