"L'objet de cette étude était de rétablir la vérité", explique Yann Ricordel,  directeur général des Taxis Bleus. Contrairement aux plates-formes de VTC comme Uber qui annonce un potentiel de quelque 70 000 créations d'emplois, Facta, spécialiste des données, de la statistique et de l'analyse économique, fait le constat que le marché parisien est saturé. Cette étude sur les taxis et VTC à Paris, Londres et New York a été réalisée pour le compte de fédérations professionnelles des deux activités (1).
 
Le nombre de trajets effectués/personne comme la population stagnent et il n'y a jamais eu à Paris autant de taxis par nombre d'habitants (17 770 licences, +19,3% en 2014 par rapport à 2001). A cela s'ajoute "un choc d'offre" sur le segment des VTC (30 000 véhicules). De plus, la part modale des transports publics particuliers de personnes (TPPP) stagne à moins de 1% à Paris. Cela s'explique par la superficie réduite de la capitale – trois fois plus petite que Londres, par exemple – qui joue sur la distance et le temps des courses.

Une paupérisation des chauffeurs
 
En conséquence, "Il existe un phénomène de substitution au détriment des acteurs existants, explique Jean-Charles Simon, président de Facta. Mais pour augmenter leur part de marché, les nouveaux acteurs jouent sur le facteur compétitivité prix". Résultat, une paupérisation des chauffeurs de taxis comme des VTC. En effet, l'enquête a calculé que si un chauffeur de VTC ne dépasse pas le plafond de chiffre d'affaires autorisé par son statut d'auto-entrepreneur (32 900 euros/an) et s'il travaille 37 heures/semaine, celui-ci ne gagne guère plus que 567,80 euros par mois ! Bref, taxis et VTC seraient perdants.

Comment résorber l'excès d'offre
 
Facta préconise une régulation du secteur pour ne plus connaître cet excès d'offre. En clair, "rendre effectif l'application de la loi" relative aux taxis et aux voitures de transport avec chauffeur du 1er octobre 2014.

Cela passe, selon Jean-Charles Simon, par une transmission des données sur les revenus des chauffeurs collectées par les plates-formes, et une vérification que les VTC quittent bien la chaussée quand ils n'ont pas de réservation. Il s'agirait à l'image de New York de prévoir des points d'arrêt disséminés dans la capitale.

"Le problème provient de la technologie [plate-forme numérique de réservation], la solution viendra de la technologie", est convaincu Jean-Charles Simon.
 
Les commanditaires taxis et VTC de l'étude Facta déclarent avoir transmis le rapport au ministère des Transports. Une enquête qui arrive à point nommée au moment où les quatre groupes de travail mis en place par Alain Vidalies planchent pour trouver une position équilibrée entre les deux activités.
 
Florence Guernalec


(1) Gescop, la Fédération nationale des taxis indépendants (FNTI), l'Union des industries du taxi (Unit) et la Chambre syndicale nationale des entreprises de remise et de tourisme/Fédération des voitures de tourisme avec chauffeur (Csnert)