Depuis des mois – voire des années pour Lyon qui a inauguré un nouveau stade en janvier 2016 – les entreprises de transport urbain planchent sur les dispositifs qui seront déployés pour assurer la mobilité de ce public qui en termes de flux sera sans commune mesure avec des événements passés. A cause de sa durée notamment, mais aussi à cause du durcissement des règles de sécurité puisque l’Etat d’urgence décrété suite aux attentats de Paris imposent aux opérateurs des processus draconiens.

Sans compter l’exigence de l'UEFA, organisateur de cette compétition, imposant dans son cahier des charges un quasi "zéro faute". Car il en va de l’image de ce grand évènement européen et du rayonnement des villes-hôtes. "Dans ce type d’évènement, le transport est crucial. C’est un élément-clef du succès", précise Stefano Maneli, responsable du département transport public et aéroport au sein de l’UEFA.
 
Entre 10 000 et 37 000 supporters par match
 
Toute la difficulté pour les entreprises de transport public sera de gérer d’importants flux pendant plusieurs semaines. Car non seulement les neuf agglomérations concernées (Nice, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Lille, Lens, Paris, Lyon et Saint-Etienne) accueilleront entre quatre et six match, mais en plus elles retransmettront sur écran géant la totalité des rencontres. Des fans zone où devraient se regrouper 7 millions de spectateurs.

"Nous savons transporter d’importants flux de transport. Par contre, ce qui est nouveau avec l’Euro, c’est la durée pendant laquelle nous devrons assurer le service. Nous allons devoir transporter un nombre important de voyageurs de manière répétée, successive du 15 juin au 1er juillet", explique Francine Velthuizen, directrice marketing et commercial chez Transpole à Lille.

Le trafic attendu dans les transports publics est très variable d’une ville à l’autre : il sera fonction de la capacité du stade, de son implantation (selon qu’il est ou non situé en centre-ville) et de celle de la fan zone. Dans la métropole lilloise, Transpole s’est organisé pour transporter entre 20 000 et 25 000 passagers par match. A Lens, ce sera 10 000, le double à Bordeaux, 22 000 à Nice, 15 000 à Marseille. La palme revient à Lyon où les TCL prévoient de transporter 37 000 personnes par match.
 
Des dispositifs sur mesure
 
Quelle que soit la jauge de l’affluence, les agglomérations ont toutes déployé des dispositifs "Euro 2016". Si certains réseaux se déclarent sereins car rompus à l’exercice  – c’est notamment le cas de la RTM à Marseille et de Tadao à Lens – d’autres comme Nice  et Bordeaux vont les éprouver pour la première fois. La raison ? Des stades neufs. C’est également le cas à Lyon où le grand stade a été inauguré le 9 janvier 2016. Celui-ci, d’une capacité de 59 000 places à la particularité d’être desservi par le tramway et des navettes de bus.

"Nous sommes passés d’un ancien stade desservi par le métro qui transportait 10 000 personnes à un stade beaucoup plus grand, beaucoup plus excentré pour lequel nous transportons 3,5 fois plus de passagers avec du tram et du bus", précise Pascal Jacquesson, directeur général de Keolis Lyon. "Lors du match OL/Monaco, nous avons battu un record en transportant 34 000 personnes ".

La desserte de cet équipement sportif a nécessité 3 ans de travail et donné lieu à plusieurs scénarios. Alors que six matches se dérouleront dans la capitale des Gaules, le challenge des TCL va consister à gérer l’origine des supporters. En effet, la majorité viendra de la place Bellecour où sera implantée la fan zone. "Pour cela nous allons faire entrer en scène le métro en correspondance".

Concrètement, les passagers seront orientés vers la ligne A ou D. Une partie d’entre eux sera "rabattue" sur le tramway à la gare Part Dieu ou à la station La Soie ; l’autre devra prendre une navette de bus depuis le parc d’Eurexpo, transformé pour l’occasion en un immense parc-relais,où plus de 100 bus les attendront. A Bellecour, tout comme pour la fête des lumières, un système de guidage des passagers sera mis en place en surface pour éviter qu’ils ne s’amassent dans la station. "Nous ne ferons monter dans les rames que le nombre de personnes correspondant à la capacité de transport".

A Lille aussi, Transpole a prévu répartir les flux entre les lignes 1 et 2 du métro à partir de la gare Lille Flandres où elles se croisent. Si la première dessert directement le stade, la seconde l’approche mais nécessite la mise en place également de navettes de bus. « Nous avons déjà accueilli des évènements d’importance nationale, comme la demi-finale du top 14 ou la finale de la coupe Davis pour lesquels nous procédons à une régulation des flux. Pour l’Euro, nous savons que nous allons orienter 60% des passagers vers la ligne 1 et 40% sur la 2 ». (…)
 
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Christine Cabiron