MobiliCités : Le 15 juin, Fer de France organise, avec Railenium, un forum des formations ferroviaires Bac+5 au Salon Transports publics...
Alain Bullot :
C'est la première fois que la filière ferroviaire porte le débat des formations sur le Salon européen de la mobilité (SEM). Fer de France s'en félicite.
Nous avons très envie avec le GART et l’UTP de promouvoir la dimension ferroviaire sur le SEM. Nous sommes également partenaires de la journée ferroviaire franco-allemande du 16 juin.

Quel est le programme de ce Forum ?
Nous organisons l'après-midi un mini-salon de l'étudiant dans l'espace forum. Nous ciblons les lycéens et les étudiants de premier cycle qui veulent s'orienter vers une formation ferroviaire niveau Bac+5 – ingénieur, master 2 ou spécialisé. Nous visons également les cadres de la filière qui souhaitent suivre une formation continue.
Une douzaine d'écoles sont partenaires de l'événement dont des noms prestigieux dans le domaine de la formation ferroviaire comme l'ENSIAME ou le Cnam et les Arts et métiers. Seront également présents des établissements comme l'École des Ponts et Chaussées et Telecom ParisTech...
 
Vous avez aussi programmé une table ronde avec de représentants des entreprises de la filière et des écoles...
Il s'agira d'un module d'une heure sur l'espace experts. Notre objectif est de mettre l'accent sur les différentes facettes de l'enseignement supérieur ferroviaire. La table ronde sera décomposée en trois séquences courtes : une intervention pédagogique sur le contenu et le cursus des enseignements, un point spécifique sur le triptyque écoles-entreprises-laboratoires autour de la R&D, et un focus sur l'international – parcours pédagogique, coopération entre les écoles française et les universités étrangères, les carrières à l'international.
 
Pourquoi Fer de France a choisi de promouvoir la formation ?
Même si nous ne sommes pas dans une période de pic de recrutement, des groupes comme Alstom, la SNCF et la RATP embauchent, au total, 500 à 1000 ingénieurs par an. Or il y a fondamentalement un problème d'attractivité de notre filière qui est lié à la faible notoriété de l'enseignement ferroviaire. Nous avons fait le constat avec les écoles que nous avions besoin ensemble de travailler davantage auprès des étudiants et futurs étudiants. C'est autant l'affaire de la filière que de écoles.
 
Quel travail avez-vous effectué en amont avec votre partenaire Railenium ?
Nous avons terminé une phase de diagnostic très approfondi sur les formations disponibles – contenu, cursus, laboratoires associés... Nous disposons désormais d'une photo exacte de l'enseignement supérieur français. Maintenant, nous commençons un travail sur les besoins à 5 ans de la filière, en particulier sur les métiers émergents. L'objectif est de croiser la carte de la demande et celle de l'offre afin que nous puissions agir pour combler les écarts.
 
Comment comptez-vous travailler avec le réseau académique ?
Nous aimerions progressivement multiplier les occasions de collaboration entre la filière et les écoles afin d'améliorer la qualité de l'enseignement, et notamment s'assurer que les besoins de notre secteur sont couverts par l'offre des écoles, en particulier les nouveaux métiers émergents.
Il nous faut également travailler avec le réseau académique pour répondre aux mutations de notre filière et aux transferts de technologie. Nous avons notamment besoin des laboratoires d'expertises sur des technologies que le ferroviaire ne maîtrise pas.
Enfin, la dimension internationale est cruciale.  Une part de l'avenir de la filière se joue à ce niveau-là. Il s'agit aussi bien de collaborer avec des universités étrangères pour permettre à des ingénieurs français d'acquérir une biculture, mais aussi d'accueillir des étrangers qui ont désirent travailler avec les acteurs français afin que nous puissions progresser dans les pays où il y a une demande de ferroviaire.
 
Il existe déjà des collaborations entre les entreprises et les écoles...
Bien sûr ! Notre filière n'a pas attendu notre initiative pour mettre en place des collaborations avec l'enseignement supérieur. Je pense notamment aux masters spécialisés de l'école des Ponts soutenus par exemple par la SNCF et Alstom.
Nous estimons néanmoins que nous devons créer une dynamique de partage écoles-filière plus continue pour apporter une dimension supplémentaire pour améliorer l'attractivité de la filière auprès des étudiants.
 
Fer de France a réuni son comité stratégique le 7 juin. Avez-vous pris des décisions à propos de la future plate-forme numérique EuroDigirail ?
Nous avons pris un peu de retard afin de terminer le travail avec la filière allemande. Mais l'adhésion de la filière autour de ce projet progresse bien. Il y a aujourd'hui un consensus autour de l'idée que la continuité numérique est essentielle à la productivité de la filière.
Un projet de matériel roulant, ce sont des dizaines de milliers de documents échangés entre le client, les fournisseurs et les sous-traitants. Rappelons que cette plate-forme numérique aura pour vocation de jouer sur trois leviers : améliorer l'efficacité de la supply chain – approvisionnement, stocks, logistique ; faciliter l'intégration des PME dans la continuité numérique avec la mise en place d'une solution de  paiement à l'usage ; simplifier la collaboration technique entre les acteurs afin de contracter les temps de projet, en particulier les processus de validation.
60 personnes sont impliquées dans nos groupes de travail, c’est impressionnant. Rendez-vous début juillet.

Propos recueillis par Florence Guernalec

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